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Point d'orgue d'un artiste à part

Avis sur Donda

Avatar Anthony de la Hoz
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Je me dois de décrire ce voyage incroyable qu'est Donda, qui aura maturé des mois, nous aura fait rager, détester Kanye, sans oublier tous les revirements et choix douteux qu'on aura enduré pendant qu'il faisait des pompes dans son stade et cramait sa baraque d'enfance.

Passé le Donda Chant qui mérite certainement un décryptage rythmique, Jail nous rémémore les sonorités de MBDTF, à coup de distortion bass et solo de guitare bien crunchy, sans oublier le retour de Jay-Z.
Jail joue la carte nostalgie de son milieu de carrière, pour un résultat trop fade et linéaire à mon gout.

La fin de Jail déclenche rythmiquement God Breathed, et je suis immédiatement envouté.
Les choeurs graves et renfermés, mixés à la perfection avec une ligne de basse bien sale, cinq minutes d'une boucle auditive qui ne laisse pas indifférent émotionnelement. Chef d'oeuvre.

Off The Grid / Hurricane / Praise God. Les 3 "hits" de l'album, ceux qui nous feront banger, danser et qu'on écoutera siège baissé en attente du feu vert.
Des vibes Astroworld, merci Travis d'être passé, The Weekend toujours un plaisir, et jamais las des couplets parlés / rappés dépressifs. Un pur régal.
L'instrumental de Praise God a été réduit en intensité sur la version finale, les premières sessions d'écoutes proposant un orgue avec une nappe ouverte (faisant sans doute trop redite sur l'ensemble du projet)

Jonah peut être considéré comme une entracte à la suite de trois productions bien enervées. Des nappes paisibles, une track feel good avec un répétitif phrasé "Like who's here when I need a shoulder to lean on? I hope you're here when I need the demons to be gone And it's not fair that I had to fight 'em all on my own"

Retour en terre ténébreuse de Ye avec OkOk, des arpeges noyés dans un chorus lugubre, un flow lent, trois minutes d'une monotonie maitrisée qui nous prend aux tripes.

Palme d'or de la sub-bass la plus crado avec Junya, superposée à un orgue gospel des plus traditionnels, qui donne une track interessante mais moins conceptuel que les précédentes. Une petite pause pour un style plus classique, ça fait néanmoins du bien !
L'accalmie continue avec Believe What I Say, 24, et Remote Control, la partie de l'album qui j'écouterais sans doute le moins mais qui reste d'incroyables morceaux.

Déja le milieu du voyage, et on part vers la Lune. Moon, Kid Cudi, Kid See Ghosts, c'est juste un grand oui, une beauté sans pareille, production magistrale, chef d'oeuvre instantané, tous les styles sont transcendés, 2 minutes 36 qui passent beaucoup trop vite.

On continue dans la mélancolie avec le début de Heaven & Hell, un rythme soutenu, des nappes mélodieuses, pour passer ensuite au coté "Hell", avec des cris déchainés de Kanye, qui rappeleront forcément Feel The Love ou l'intégralité de Yeezus. Le génie a encore frappé.

La dépression revient en force avec Donda, et ne nous quittera quasiment plus jusqu'à la conclusion. Un piano profond, une messe évangélique de deux minutes, amplifiée de choeurs intenses.
On touche à la perfection, on sent l'implification et l'émotion du projet.

Avec Keep My Spirit Alive, on enchaine sur un morceau tranquille, groovy, ou la snare m'obsède, si présente et douce à la fois, excellente production encore une fois.

On passe désormais sur du trés lourd, mon adoration pour Gesaffelstein oblige, Jesus Is Lord sera ma nouvelle bible auditive. Je ne sais pas quoi en dire tant il n'y a rien à dire, c'est juste ce que je veux entendre quand on me parle d'un Kanye évangélique et d'un Gesaffelstein à la production.
La rencontre parfaite, et No Child Left Behind renforcera mon avis.

"Make me new again !", ou Kanye renoue avec les sonorités de "808s & Heartbreak", un morceau let-motiv qu'on pourra renommer le 'Let's do it' de Ye.

Tell The Vision est un OVNI d'interlude. 8 notes de piano, rien d'autre, et un festival de bruitages pour renforcer la bizarrerie de la chose.
Une improvisation digne d'un after ou un gros lourd se jetterait sur l'instrument avec des potes rappeurs s'ambiançant autour

On passe à Lord I Need You, ou Kanye joue un jeu de questions réponses avec son groupe de gospel. Moitié chanté, un groove et des intonations lancinantes, ce morçeau amorce une fin qui va s'annoncer intense.

Pure Souls, c'est encore ce même orgue tant présent, un beat classique mais efficace, une sorte de modernisation du gospel que Kanye adule tant. On pense passer outre ce morceau mais on se retrouve au bout de 30 secondes à claquer des doigts en hochant la tête. Preuve du talent et des choix de l'artiste.

Pause rythmique, baisse de tempo, on conclue doucement.

Come To Life, c'est les larmes, une prouesse musicale. On touche presque à de la soundtrack d'une scène intimiste, des cris, des pleurs en backs, une émotion sans pareil, on va bien au dela de l'artiste pop et conceptuel que peut l'être Kanye. Ici c'est composé et interprété avec le coeur.

La fin. No Child Left Behind. Et quelle fin ...
Le premier extrait qu'on aura pu découvrir officiellement, écouté 50 fois en quelques heures. Encore une production Gesaffelstein, encore une maestra, et on reste encore dans une émotion dingue, des paroles fortes, une intensité rare.
Une loop instrumentale envoutante, le point d'orgue d'un album incroyable ...

Merci Ye!

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