Zombies et boules à facettes

Avis sur EP I (EP)

Avatar Danny Madigan
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Carpenter Brut peut fièrement porter le nom emprunté au réalisateur d’Halloween et The Thing, tant les sonorités nous rappellent les meilleurs BO de films d’horreur des années 70/80, le côté Brut en plus!

La pochette, qu'on pourrait croire dédié à un groupe de black métal norvégien, nous plonge directement dans l'ambiance. Contrairement à une majorité de productions à tendance « synth », on oublie ici les gros titres chromé et néons flashy. Par de plage sur soleil couchant mais un paysage glacial, une typo rouge sang et une croix de Saint Pierre.

L’EP envoie du lourd dès le début. Les premières notes d’Escape From Midwitch Valley jouées sur un synthé discordant nous rappellent méchamment l’intro de Shining. C’est parti pour une petite balade macabre aux côtés de Jack Torrance. Il n’y a que la neige à perte de vue et une démence assurée qui vous attendent au bout de la route. Durant l’écoute d’Escape on pense à Argento plutôt qu’à Carpenter. La mélodie à la fois envoûtante et angoissante nous rappelle le mythique groupe Goblin et nous renvoie directement à Ténèbres ou Les Frissons de l’angoisse. Après 5 minutes de mélodie diabolique, le cauchemars se termine dans une orgie de sons saturés qui me rappelle quelque peu Justice au meilleur de sa forme. On pourrait d'ailleurs voir Carpenter Brut comme le doppelgänger du duo électro de chez Ed Banger. La croix latine se retrouvant renversé nous prévient que ce n'est pas avec Uffie ou Breakbot qu'on va faire la fête, mais bien Satan et quelques joyeux démons !

Tout est dans le nom du second morceau. Disco Zombie Italie commence comme un ritournelle satanique destinée à réveiller les morts qui n’attendent qu’une chose, aller sous les boules à facettes pour se déhancher une dernière fois. L’air electro-pop devrait être assez stimulant pour vous donner envie d’enfiler votre tenu de sport estival et votre plus belle moustache à la Giorgio Moroder, le temps de faire quelques pas de course avant que le morceau ne se termine comme il avait commencé, les zombies peuvent se rendormir.

Nouveau morceau, nouvelles influences. L.A Venice Bitch 80′s pourrait très bien être le nouveau thème d’Escape from New York. On imagine les premières notes sur un travelling à travers les décombres d’une cité Américaine, jusqu’à ce que notre héros débarque sur son bolide accompagné par des synthés un brin kitch. A l’instar de Disco Zombie Italia, l’air est extrêmement addictif et il y a une petite chance pour que vous vous preniez pour Snake Plisken durant quelques minutes.

Si vous avez commencé à vous décontracter sur L.A Venice Bitch, Wake up the président est le remède parfait pour vous retourner un peu le cerveau. Plus violent, plus minimaliste et plus actuel, Wake up s’écarte un peu du style général de l’EP, mais ce n’est pas pour nous déplaire. Le morceau commence par le râle agonisant d’un robot suivit de kicks bien brutaux qui nous rappellent que c’est Carpenter Brut qu’on écoute, il ne fallait quand même pas s’attendre à une balade de santé. On à même le droit à un passage aux sonorités Dubstep (mais pas trop quand même), il y a fort à parier que le morceau ferait un gros carnage en soirée.

Pas le temps de souffler avec 347 Midnight demons qui commence à 100 à l’heure. Les influences 80′s sont parfaitement distillées et remises au goût du jour. A la fois rétro et moderne, le morceau devrait ravir les fans de synthwave/dreamwave tout comme les fans d’électro en tout genre. Et c’est bien ce qui fait la force de l’EP. Chaque morceau a sa propre identité alors que tous pioches dans les mêmes sonorités des années 70/80.

Le Perv termine l’album en beauté sur une note sombre et menaçante que le clip a parfaitement su mettre en image : http://www.youtube.com/watch?v=CGW_WjmgpzM

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    Synthwave/ Electro-pop vintage / OutRun/ Electrogeek post-Carptenter... Le terme n'est certainement pas bon et on s'en fout ....

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