Dans le Blues, les courants sont nombreux.
Evoquer le Blues contemporain n'a pas de sens à proprement parler. En atteste la disparition de la distinction entre le Traditionnel et le Contemporain aux Blues Music Awards.
C'est pourtant ce qui définit Kenny Wayne Shepherd :
- des filiations évidentes,
- un son très contemporain.
Son album de reprises Goin' home se veut donc un "vibrant et électrique" hommage à ses racines. Y sont invoqués entre autres : Willie Dixon, Stevie Ray Vaughan, Muddy Waters ou encore Earl King.
Les influences
- le Chicago Blues (Robert Johnson) qui a influencé le Rock n Roll,
- le Delta Blues (John Lomax) peuplé d'harmonica et de guitare électrique jouée à la Bottleneck. Pour cause, l'artiste est un pur produit de la Louisiane et sa musique sent bon l'inspiration des berges du Mississippi.
Un son moderne
A l'arrivée, sa musique est l'archétype du Blues rock du XXIème siècle qui allie comme son nom l'indique les 2 genres.
Sa patte : son admiration pour Stevie Ray Vaughan.
Son talent : une virtuosité digne de ses plus grands contemporains (Gary Clark Jr, Keb Mo, Popa Chubby...)
En conséquence, plus que n'importe quel artiste récent de Blues, il prend un malin plaisir à revêtir le costume du Guitar Hero.
Aussi la quasi totalité des titres qui composent l'album Goin' Home se décomposent en :
- une intro et/ou une rythmique typiquement Blues
- des solos fiévreux à la guitare électrique, qu'ils composent de courts riffs ou s'étendent sur plusieurs minutes.
Deux titres à écouter
Le premier morceau de l'album annonce la couleur : Palace of the King est le bon exemple de la reproduction du Memphis Blues.
- Le rythme est endiablé comme aux plus beaux jours de la Stax.
- La voix de Shepherd y est incroyablement chaude.
- Il y est accompagné par les cuivres du Rebirth Brass band de la Nouvelle Orleans.
Le second morceau est You Done Lost Your Good thing now.
- Toujours la même voix très soul.
- C'est le piano qui se lance le premier dans une improvisation désespérée.
- Puis c'est la guitare qui enchaine ses pleurs sur un long solo.
Sur le même modèle, j'aurai pu citer I love the life I live.
Bref un album indispensable pour ceux qui aiment l'alliage du Blues et du Rock.
Et qui permet de découvrir un authentique Bluesman du Mississippi qui roule sa bosse depuis sa prime jeunesse.