I hear thunder but there's no rain

Avis sur Invaders Must Die

Avatar Billy Joe
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Il aura fallu attendre quatre ans et demi pour enfin entendre le nouveau Prodigy. Il faut dire que le groupe prend son temps et n’enchaîne plus les albums comme à ses débuts. Cependant, le gang de Braintree ayant repris la route depuis l'année dernière (2008), les fans avaient déjà pu avoir un avant goût de ce Invaders Must Die.

Le titre éponyme fut le premier morceau en version studio à filtrer. On retrouvait un Prodigy sans surprise mixant des éléments old school (voix, synthés...) avec une rythmique toujours aussi vénére. Un bon titre (qui ouvre d'ailleurs le disque) mais dont la production s'avérait un peu décevante par rapport au son énorme de Always Outnumbered, Never Outgunned.

Dans l'ensemble, ce nouveau disque est assez classique, toujours aussi péchu (à écouter très fort!), déglingué et fourmillant de détails que l'on découvre au fur et à mesure des écoutes (on comprend mieux le temps de gestation qu'il a fallu). Take Me To The Hospital aurait pu être sur un des deux disques précédents avec son big beat à réveiller les morts: un titre qui laisse perplexe au début mais qui se bonifie avec le temps. Le single Omen est un tube en puissance avec un Keith Flint qu'on croirait revenu à l'époque de The Fat Of The Land. Dans la même veine, on trouve également les excellents World's On Fire et Piranha: des morceaux ravageurs et taillés pour la scène. Enfin, pour terminer la page "bourrin", on citera Run With The Wolves, titre le plus rock de l'album sur lequel l'hyperactif Dave Grohl assure la partie batterie: malgré tout, on est loin de détenir la meilleure chanson de cet opus.
Liam Howlett (tête pensante de Prodigy) a pourtant tenu à varier un peu les plaisirs. Thunder et son chant reggae nous rappelle aux bons souvenirs du vieux Out Of Space, le planant Omen Reprise serait une intro idéale pour leurs concerts, alors que l'instrumentale (et accessoirement titre de clôture) Stand Up surprend (enfin!) avec ses cuivres et sa rythmique à la fois lourde et groovy (Dave Grohl est également passé par là) et nous évoque davantage Fat Boy Slim que Prodigy.
Issu de la scène Dance underground du début des 90's, Prodigy n'oublie pas ses racines près de 20 ans plus tard. Les claviers de Colors ou encore la voix féminine synthétique de Warrior's Dance, pour ne citer que ces exemples, nous ramènent tout droit à cette époque et ce dernier titre aurait sans doute pu apparaître sur une compil' Eurodance 92' sans faire tâche. Ces clins d'œil en feront sourire gentiment certains, d'autres en revanche, risquent de tirer la gueule!

S'il faut quelques écoutes pour se plonger dans ce nouvel opus, force est de reconnaître que Prodigy parvient sans trop de mal à nous accrocher une fois encore. Si la production s'avère un poil décevante sur certains morceaux et que les surprises sont finalement bien peu nombreuses, il faut admettre que ce disque est globalement réussi. Disons simplement que certains lui reprocheront parfois ses excès de nostalgie, mais au final, Prodigy garde sa recette si particulière et devrait parvenir à combler ses fans, à défaut de convaincre les néophytes.
Un bon disque, qui certes n'égale pas certains de ses illustres prédécesseurs, mais qui a toute sa place dans la discographie de ce monument de l"electro-punk".

[Chronique publiée initialement sur Xsilence.net en mars 2009]

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