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Étant donné que Lomepal accompagné de son nouvel ami Orelsan le demande si gentiment : je vais dire la vérité sur cet album, de toute façon elle est plutôt jolie !

Jeannine arrive 1 an et demi après FLIP, énorme succès pour Lomepal qui s’est définitivement imposé sur la scène rap actuelle avec un style bien à lui dans un album parfaitement abouti, mélange de rap et de chant équilibré ouvert vers une dose de folie, petite touche fraîcheur dans la scène rap contemporaine.

On aurait pu s’attendre à ce que Lomepal utilise à nouveau sa formule secrète, celle qui, comme il le dit lui-même, a fait un FLIP un monument, bien évidemment cela aurait été une erreur. En fait, au vu de son évolution après la sortie de son premier album et de ses intentions évoquées en interview, on pouvait facilement entrevoir un changement de direction, ou plutôt un approfondissement. Sa période « pré-FLIP » faisait état d’un rap assez classique dans la forme (malgré quelques expérimentations dans ODSL), pour ensuite offrir un virage assez radical à la sortie de l’album sur la fine corde du mélange rap-chant qui, chez les autres artistes, tombe souvent à l’eau en devenant trop uniforme avec le reste de la production actuelle. Sauf que ce n’est pas le cas, FLIP est une réussite absolument remarquable et propose une ambiance, des thèmes, des productions et des paroles bien pensés et en cohérence avec un univers neuf.
Son second album s’inscrit dans ce contexte et poursuit alors les changements de Lomepal, de rap vers rap/chant vers chant, des EP, à FLIP, à Jeannine. Lomepal laisse alors place à Antoine.

Jeannine est alors un challenge, un challenge accompli puisqu’au moins aussi abouti que FLIP, peut-être même plus tant on sent que Lomepal a choisi vers où faire évoluer son style. Et c’est cette décision qui fait de Jeannine un album réussi, qui ne ressert pas la recette de l’album qui a marché pour prendre un risque... payant.

Il est toujours compliqué dans la musique de parler des mêmes thèmes avec un regard nouveau, ici on suit une certaine logique dans la façon de les aborder, après avoir cherché puis obtenu un succès fulgurant, c’est tout naturellement qu’il se pose les questions qui vont avec.
Les sujets se font échos avec FLIP, mais sans pour autant paraître répétitif car le point de vu a changé.
On commence très fort avec Ne Me Ramène Pas, texte qui, comme Orelsan à son époque ne cesse de questionner sa célébrité naissante : « J’ai fini par avoir tous ce que je voulais [...] j’ai trouvé ma place », sauf que le succès n’est jamais comme espéré, les rêves s’estompent et laissent place à une forme de triste souvenirs comme il le raconte dans Plus de Larmes.

Ce succès, au-delà d’amener une certaine mélancolie, apporte surtout des filles, et on sait tous que Lomepal a toujours quelques lettres à poster ! Sorte de Yeux Disent 2.0, le sublime Trop Beau raconte une histoire d’amour qui, bien sûr, fini mal, laissant presque place à la haine : « notre histoire n’aurait jamais pu finir dans le calme et la tendresse ».
Et quitte à être célibataire, autant en profiter, on constate alors que son sang n’est Évidemment toujours pas remonté dans sa tête : « dans mon caleçon c’est plus chaud qu’au Népal ».

Pour le reste, on ne s’étonnera pas de voir les références cinématographiques cher à Pal, entre Snowpiercer, De Niro ou encore Takeshi Kitano, faisant partie intégrante de son univers et de sa patte personnelle souvent plus large que les classiques œuvres cités par les autres rappeurs.

A ne pas oublier également, les excellents feat qui n’étaient pas toujours au niveau des attentes dans FLIP, avec ses acolytes de longue date Jean Jass et Roméo Elvis, mais aussi une place pour les petits nouveaux (bien que pourtant plus ancien que la carrière de Lomepal) : Philippe Katerine et Orelsan, une évidence pour ce dernier tant la consonance de leurs thèmes est similaire.

Lomepal nous ressert alors un second cru plus en retenu sur la folie qui reste toutefois très solide, toujours très mélancolique, décomplexé et bien écrit, mais aussi bien plus personnel.

Nicolas_S
8
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