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Avis sur Music Has the Right to Children

Avatar Auguste Bourrain de Lexocet
Critique publiée par le

Je me souviens parfaitement du jour où j’ai acheté ce disque. A la Fnac du centre commercial de Rosny sous Bois, dans le 93. J’étais à l’époque uniquement focalisé sur le rap et les musiques jamaïcaines. Ce fut la première fois que j’achetais un album sans même l’avoir écouté, littéralement happé par son artwork sans que je ne sache pourquoi. Peut-être déjà… l’inconscient. Ou plus simplement cette représentation austère d’un tableau familial désossé de ses traits d’humanité. Peut-être aussi, sinon, cet âge ingrat qu’est l’adolescence, où l’on brûle tellement d’envie d’être adulte qu’on en oublie même ses réflexes d’enfant. A l’ombre de mes seize printemps, j’avais placé la galette dans la poche intérieure d’un caban. Aux côtés d’un petit format Moleskine où j’évoquais déjà mes rêves d’Orient. Le jour même où à Noumea, des gamins se rêvaient indépendants. C’était hier, il y a vingt ans.

Enoncer que j’aborde aujourd’hui ce disque avec la même approche serait mentir. Si la magie a survécu, le temps a commis ses outrages. Emportant avec lui l’absence totale d’intellectualisation que je vouais alors à la musique. J’attendrai dix ans de plus pour écrire des (mauvaises) chroniques, avec le recul plus ou moins analytique et surtout teinté d’aigritude que vous contemplez aujourd’hui. Music Has The Right To Children est en tous cas le responsable, avec quelques autres qui viendront par la suite, de mon initiale plongée sans oxygène dans les bassins de la musique totalement électronique. Il y a donc dans ma relation à ce disque quelque chose d’hautement symbolique et affectif. Quelque chose que l’âge et les affres de la vie aidant, on peut avoir envie de renier. Mais certaines idoles sont plus difficiles que d’autres à brûler. Il ne s’écoule jamais guère plus d’un mois sans que l’envie de l’écouter ne me submerge. Comme je l’avais dit il y a quelques années dans une chronique à propos de Tomorrow’s Harvest, que je considère d’ailleurs toujours un peu plus comme l’autre chef d’oeuvre intemporel du duo, la musique de Boards Of Canada dynamise comme aucune autre les contextes, accompagne la vie des contemplatifs de tous bords et ce quelle que soit la couleur de leurs sentiments...

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