My Generation
7.3
My Generation

Album de The Who (1965)

My Generation quand on y pense c'est vraiment pas la meilleure façon de découvrir les Who (de qui ?). C'est un album hyper réducteur : d'abord on n'y trouve pas les premiers singles comme Can't Explain, Substitute ou I'm A Boy, tout simplement parce qu'à l'époque les groupes de pop anglais fonctionnaient plus au single qu'à l'album. Et c'est dommage parce qu'on se dit qu'en rassemblant tous les bons morceaux des années 64-65 on aurait vraiment eu un album de folie.


Mais en plus, c'est vraiment un album qui ne développe qu'une seule facette du groupe, peu de traces ici de Tommy l'opera-rock, du synthé-hard-rock de Who's Next ou de la délicieuse subtilité de Quadrophenia. Le jeune ingénu venant découvrir le groupe risque donc de ne pas y trouver son compte, et la meilleure façon de découvrir le groupe dans sa période 60s reste peut-être le merveilleux Live at Leeds ou, pourquoi pas, un best-of (oui je sais).


Une seule facette donc, mais quelle facette ! Une dizaine de chansons dans le plus pur jus 60s, qui révèlent déjà un certain talent de composition et d'interprétation de la part des jeunes Who (pardon ?). On signalera notamment les magnifiques harmonies vocales sur The Kids Are Alright et le délicieux bégaiement de Roger Daltrey sur My Generation.


My Generation parlons-en, légendaire porte-bannière de cohortes de baby-boomers désœuvrés. En flirtant avec le mouvement mod (les rebelles de l'époque contre l'empire réactionnaire), les anglais livrent un des albums qui contribuera à dessiner le mouvement punk. À l'écoute de l'album en général et de la chanson particulièrement, les Stooges ne sont pas loin. À des années-lumières des thèmes des autres groupes de l'époque, les chansons parlent d'une jeunesse qui s'ennuie et qui rêve de révolution.


On trouvera peu d'entrées en matière aussi éclatantes que ce premier album des Who, et, s'il ne montre qu'une fraction de ce dont sera capable le groupe plus tard, sa recette à base de refrains imparables reste infiniment plus authentique et plus humaine que ce qui le suivra (et qui tiendra plus de l'inhumain).


(D'accord ! Mais c'est qui ?)

Créée

le 23 déc. 2014

Critique lue 704 fois

Nordkapp

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6

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