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Plus un produit qu'un album

Avis sur Oxyz

Avatar lucaaaasth
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Squeezie n’est pas un artiste de musique, c’est avant tout aujourd’hui une marque qui a au fil des années essayer de se mettre dans toutes les formes de média possible et imaginables : livre, mode, cinéma (doublage), même spectacle publicitaire géant avec un autre homme sandwich, pardon un autre youtubeur et aujourd’hui, la musique.

La première question qui m’est donc venue en tête en entendant l’arrivée d’un album studio de Squeezie, c’est la suivante : « est ce que Squeezie est réellement passionné de musique ? ».
Parce que par exemple, si on regarde les autres trucs qu’il a touché cité juste avant, on remarquera que y a que sa marque de vêtements qui est encore aujourd’hui un truc sur lequel il passe du temps (en même temps, ça lui rapporte de la tunasse de foutre un sticker sur un tshirt blanc).

Du coup cette remarque me fait poser une deuxième question : est ce que cet album aura un quelque conque intérêt pour la marque squeezie ? ou du moins pour sa vie d’artiste ?
Par cela, je veux dire, est ce qu’il dépassera le simple produit musical, fait le temps d’un album pour ensuite partir sur un autre média a envahir (bientôt nos salles de concert avec la tournée qu’il a préparé comme il nous le dit dans sa vidéo explicative sur ce projet musical).

Et après ces deux premières questions, ma dernière sera la suivante : de quoi va donc bien parler ce disque de Squeezie ?

L’ALBUM

Squeezie en faisant cet album a souhaité faire, comme il le dit dans sa vidéo dessus, un album personnel pour évoquer des sujets qu’il ne pourrait traiter dans ses vidéos, la démarche est plutôt bonne et j’étais curieux de voir ce dont allait nous raconter Squeezie.

Seulement bon, je me demandais quand même si on ne risquait pas de se faire chier, vu que mis à part avoir percé sur Youtube, Squeezie, ou plutôt la personne de Lucas Hauchard derrière Squeezie reste une personne en somme toute complétement lambda, mis à part le fait que c’est une personne lambda riche avec Youtube qui peut donc du jour au lendemain lancer la production d’un album. Bref, par là je veux dire que je savais très bien que je n’allais pas entendre Squezie me parler de la violence des quartiers dans lequel il a vécu parce que c’est un mec complètement lambda qui n’a jamais connu tout ça.

Du coup, voila ou on en est : a un album déjà qui parle beaucoup de son succès, il voit ça aussitôt comme une chose positive dans les morceaux d’égotrip de l’album (Servis, Podium, Guépard) ou qu’une chose négative dans ces mêmes morceaux , c’est amusant de le voir parler d’être en tendances, d’avoir une influence mais ça devient très chiant quand on se rend compte que c’est le seul ressort d’égotrip que Squeezie peut utiliser, les punchlines deviennent des gimmicks qui sont plus gênantes que amusantes.

Et quand il ne nous parle pas pour la 115e fois de son succès, que c’est le meilleur, Squeezie veut parler de sentiments humains (comme nous le promet l’intro de son disque) comme l’amour, la déception. Mais alors, soit l’individu n’a pas de grandes histoires de cœur a raconter ou soit il a choisi délibérément de faire ça de la manière la plus simpliste et la plus basique possible pour éviter de vraiment faire un tant soi peu d’émotion dans son disque. Il y a bien 90% de l’album qui sont des chansons qui parlent de ce sujet-là, de la même façon, peu motivée, peu recherchée avec des thèmes et des phrases déjà lues et entendues une dizaine de fois et avec toujours autant de décalage entre la réalité du cœur de Squeezie et nous, auditeurs de ces paroles mauvaises.

Je garde le meilleur pour la fin, l’album contient quand même une chanson qui s’appelle Mario Kart et qui est aussi a ranger dans la catégorie « egotrip de petit youtubeur bourgeois » sauf que celle-ci se distingue par sa particularité de traiter ce sujet en faisant des références a Mario Kart, une chanson que je n’avais pas envie d’entendre mais que j’ai quand même entendu.

LA NON MUSICALITE

A l’image du choix de faire de cet album un album de rap, l’album se targue le choix de faire de ses prods, les prods les plus basiques et les plus artificielles que vous entendrez cette année : alors oui, elles collent peut-être a l’espèce de concept derrière l’album (auquel je reviendrais après ça) mais c’est surtout une excuse pour faire un disque qui contient en gros 3 types de morceaux :
- des morceaux pop rap avec une ambiance plus « émotion » (avec de grandes guillemets vu que elles ne m’ont strictement rien fait) :
- des morceaux plus léger/egotrip avec une instru rap house (qu’on nous sert a trois reprises quand même dans l’album !) qui sont a l’image du single Influenceurs sorti par Squeezie plus tôt cette année
- et enfin, des morceaux plus « « atmosphériques » » (notez les deux guillemets pour insister sur la non-atmosphère) avec quelques pads pour délivrer un semblant d’onirisme..
A cela, rajoutez que tous les morceaux (tous sauf, le dernier mais donc 95% de l’album) sont construits de la même manière : couplet + couplet + refrain + couplet + refrain/outro pour une écoute la plus rébarbative possible et rajoutez a ça des refrains qui sont tous chantés avec la magnifique voix surproduite de Squeezie qui ne dégage aucune émotion, le Mark Zuckerberg du rap français.
Bref pas de quoi bien sauter de joie, j’ai personnellement ressenti cette construction aussi basique de l’album comme une excuse pour Squeezie pour avoir des morceaux qui font danser et des morceaux à chanter pour les concerts qu’il fera sur ce disque (et qui sont d’or et déjà confirmés par lui avec la tournée qu’il a annoncé dans sa vidéo annonce de l’album).

LE NON CONCEPT

Enfin, j’aimerais revenir sur le concept de l’album, alors peut etre que celui-ci n’était propre que pour son marketing mais l’album s’ouvre avec cette voix superficielle nous promettant une retranscription de nos émotions humaines, bon déjà ça fait très délire IA , cocasse quand l’un des plus gros succès de rap français de cette année est le Trinity de Laylow mais en plus, la pochette fait elle aussi très vue et revue avec ce délire de se la jouer meta sur le boitier de l’album, comme l’ont fait avant lui, Laylow donc, Nekfeu, Post Malone, Kanye West , etc etc…
Mais surtout, mis a part une intro avec cette voix donc, tout ce thème la ne reviendra jamais dans l’album, il a été posé comme ça pour donner un semblant d’ambition artistique au projet, c’est a se demander si pdt la création de ce projet, Squeezie a oublié qu’il avait lancé ça et qu’il est resté concentré a écrire ses paroles d’ado de 13 ans sur ces morceaux de rap.

LE NON ALBUM

Bref, cet album n’a pas lieu d’être, a part être un nouveau produit de la marque Squeezie, il ne sert a rien, il ne vous donnera pas plus d’introspection sur la personne derrière Squeezie que d’habitude dans ses vidéos et pour ceux qui cherchaient un album de rap, vous avez déjà entendu ça, a part si c’est la première fois que vous écoutez du rap depuis 2010, vous avez déjà entendu ça, croyez moi.
Ce que je trouve plus inquiétant, c’est plutôt la facilité qu’a eu Squeezie pour s’incruster dans cette industrie musicale, bon évidemment il ne s’est pas incrusté tout seul, faut arrêter de rêver mais voir autant de gens être consentant de sortir quelque chose d’aussi vide, c’est pas rassurant. Parce que j’ai vraiment du mal a voir ça comme un projet de passion pour Lucas Squeezie, on dirait plus une petite récréation que s’est fait le monsieur avec tout l’argent et tous les contacts autour de lui entre deux parties de jeux vidéos, et voir débarquer d’autres vidéastes français dans la musique française comme par exemple Michou (qui est aussi un pur produit Webedia), ça permet surtout de voir le décalage et la pauvreté culturelle de ces gens-là. Parce que, pour revenir sur Oxyz, je veux bien moi que le mec soit parti au Japon pour s’inspirer sur ce disque mais je ne vois absolument aucune influence a ce pays et a sa culture a part peut être la culture consumériste que Squeezie semble adorer qui est en effet une partie intégrante du Japon.
Bref, Oxyz est un echec dans tout ce qu’il entreprend , enfin non, pas tout, il réussit parfaitement son rôle de produit dérivé et comme le dirait lui-même Squeezie dans son propre album :
« « tout change trop vite, tout est daté » » , oui, comme ton album mec.

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