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Cassage de cloisons au napalm

Avis sur Rage Against the Machine

Avatar Le Rêveur
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1) Décloisonnement

J'ai toujours détesté le cloisonnement des différents groupes et chanteurs.

  • C'est quel genre ça ?
  • C'est un bon groupe de reggae...

Pas de ce genre de dialogue avec Rage against the Machine et leur album éponyme. Ils ont pris le meilleur de tout ce que j'aime (enfin bon sauf le classique et la pop, faut pas pousser). Une basse ravageuse, omniprésente comme en funk mais qui ne fait pas du funk (Tim Commerford for ever) , une guitare de génie manipulé par un génie qui sort des sons qui auraient donnés des orgasmes à Hendrix lui même, navigant entre hard rock et expérimental (Tom Morello you are a god), une batterie surpuissante qui maitrise des rythmiques de rap, de rock et de tout ce qui se trouve entre deux et même au delà (Brad Wilk a dû naitre une nuit d'orage au milieu d'un festival de percus) et enfin un chant de rapeur sous acide avec des textes révolutionnaires au sens propre comme au figuré (Zack de la Rocha est un mutant, il sort de l'école pour jeune surdoués du professeur Xavier).

2) Autopsie d'un album inusable

RATM de RATM reste un des albums que j'ai le plus écouté depuis sa découverte une soirée en boite de 1992 et acheté dès le lendemain à la FNAC locale. Inusable.

Dès l'intro on est assommé par le déferlement fusionesque de guitares, basses batterie et chant de Bombtrack. A noter que ce morceau qui commence cet album culte est un danger pour vos haut parleurs. Sorti près d'un an après le tout aussi chef d’œuvresque Blood sugar sex magic des red hot, il emploi la même méthode que Power of equality mais en 1000 fois plus puissant: une intro à la basse très lointaine alors on augmente les watts avant l'arrivée d'une bombe atomique. 8.

S'ensuit Killing in the name, "l'hymne" de RATM, avec des montées en puissance et des changements de rythmes qui pulvérisent le contemporain Smells like teen spirit de Nirvana . Qui n'a jamais hurlé MOTHERFUCKAAAAA sur ce morceau, seul ou en pogo ? De toute façon vous ne pouvez pas lutter parce "now you're under control". On atteint le paradis (ou l'enfer, c'est vous qui voyez) du rock, 10.

Take the power Back reste et restera une des meilleur intro en slap bass de l'histoire de la musique et des galaxies de l'amas local avec un solo de guitare monstrueux. Encore plus de changements de rythmes que dans les morceaux précédents (pas moins de 6). Et une apothéose "No more lies, No more lies, No more lies,...). 10.

Settle for nothing reste un des morceaux que j’apprécie le moins de cet album, c'est dark, obscur mais moins ma tasse de molotov. On descend quand même à 6.

Bullet in the head redémarre la machine, avec là aussi une basse explosive à laquelle répond une guitare qui fait l'oiseau. On parle toujours d'aliénation mentale, où le controle des TV sur les foules avec la pensée unique. RATM a dû créé des hordes d'altermondialiste, de révolutionnaires et d'anars, sans dec. 10.

Know Your Enemy on repart dans des changement de rythmique à la Take the power Back (petits joueurs, 6 encore). Là Rage discours contre l'éducation, les USA, le système, tout. Mais surtout les "Compromise, conformity, assimilation, submission
Ignorance, hypocrisy, brutality, the elite
All of which are American dreams".
Pas besoin de faire un dessin, à noter la participation du légendaire Henry Rollins du Rollins Band paskeuh "Time has come to pay". 10

Wake up redescend un peu mais le morceau a été sublimé par la fin de Matrix premier du nom. Un peu comme Where is my mind des Pixies, le film nous fait redécouvrir un morceau diablement efficace où l'on parle quand même de MLK et des barbouzes du FBI '"He turned the power to the have-nots. And then came the shot"). 8

Fistfull of Steel repart dans le génie. Peut être le morceau le plus expérimental des Rage. Là niveaux transitions c'est du délire, j'ai arrêté de compter on arrive dans le 8 ou 9. Tom Morello fait des trucs à sa guitare qui doivent être interdits par la SPA, mais on s'en fout ça devient hors norme. 10.

Township rebellion, redescente de plusieurs étages à cause de l'intro un peu loupée à mon gout mais ça reste du très très lourd, les combos guitares-basse-batterie on l'air encore plus lourds de quelques mégatonnes. Encore plein de transitions, certains groupes normaux font une chanson avec un seul passage des Rage qui arrivent au niveau god-like de Chuck Norris et sortent de l'échelle logarithmique du plaisir rock . "Fight the war, fuck the norm". 9.

Freedom (yeah, right...). Ici on achève l'auditeur, on lâche les chiens et les riffs, Zack envoie dans son micro ce qui lui reste de cordes vocales, c'est le bouquet final, brulez tout, votre TV, votre ordi, votre maison, votre bureau et le patron qui va avec et partez vous rouler dans une rosée qui sent bon le napalm avec votre guitare ou votre basse en feu en hurlant FREEEEEDOOOOOM.

10.
Mais pourquoi me dites vous ? Parce que...

..."Anger is a gift".

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