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Ou il a déménagé à Marne-la-Vallé chez Mickey. Ou il s'est mis à manger bio. Peut être les trois à la fois.
Une chose est sûre, Burial voit la vi(ll)e en rose.

Lorsqu'il sort de chez lui, Burial met toujours sa capuche. Non plus pour chercher dans les basses anfractuosités du trottoir une éventuelle ligne de destin, mais pour retenir tous les ballons multicolores ascendants qui ont éclos dans son crâne. Autour de lui, la grisaille des murs a changé de lettres pour apparaître jaune-versailles.

L'asymétrie rythmique de sa vision du monde, l'essence même de sa musique, du dubstep, s'est faite recadrer. Sèchement.

La piste "Rival Dealer" et son ignoble kick'n'snare qui ne ressemble pas même à une demo drum'n'bass, annonce d'emblée que quelque chose a changé. Cette nouvelle symétrie des pulsations est celle des gens réglés sur l'heure de passage du prochain RER. Engoncés dans leur quotidien. Méthodique et assuré. Prévisible.
On arrive au passage critique "ouate de phoque" vers 9:10 avec ses quelques instants "glotte nouée" labellisés Jack&Rose-en-proue-de-croisière-sur-fond-de-soleil-couchant. On a du mal à croire que c'est le même zig qui a composé la néoromantique "In McDonalds"...

"Hiders" est là pour nous asséner qu'il n'est définitivement plus question de gravillons mais bel et bien de papillons. Céleste et liquoreuse, la piste dessine des tonalités cérémonielles, dégoulinante de hauteur de nef et de bouquets de mariage. Avant de dire oui, les beats enjôleurs enchaînent les souvenirs polaroïdés, radieux et pastels de sa rencontre avec celle qu'il prétend maintenant épouser. Rêve ou cauchemar ?

"Come down to us" achève sa démonstration par une succession de tours clinquants de carrousel.
Mais la fièvre qui jadis était sienne se fait mièvre ; tout sonne faux : les simili-tintements de noël et leur fumet de churros trop gras, les voix et bruitages d'obédience cinématique devenus hors-sol, le xylophone du père noël et le chant d'inspiration céline-dionesque dès 7:40...

Burial est amoureux. Sûrement.
C'est la seule excuse que j'accepterai.
maolic
2
Écrit par

il y a 8 ans

13 j'aime

2 commentaires

Rival Dealer (EP)
Zephir
8

Joyeux noêl à toi aussi

Surprenante et déroutante production de la part d'un artiste électronique clé de l'époque, dont l'évolution est suivie de très près depuis qu'il a globalement inventé son genre, et qui n'est par...

Lire la critique

il y a 8 ans

9 j'aime

Rival Dealer (EP)
Garfounkill
9

le troisième sexe

Non, je connais pas trop Burial. Mais ce qu'il a fait avant me paraissait très froid, très distant, en fin de compte plutôt impersonnel. Beau, mais impersonnel. Certains diront le contraire. Rival...

Lire la critique

il y a 8 ans

3 j'aime

1

Rival Dealer (EP)
Shora
9

Surprenant.

Ouais, le nouveau Burial est putain de surprenant. Il ne cesse de surprendre, chaque transition, chaque sample utilisé, chaque drumbeat. Burial, de la même façon que son récent Kindred, nous découpe...

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il y a 8 ans

3 j'aime

1

Passed Me By (EP)
maolic
10

Critique de Passed Me By (EP) par maolic

Keywords : la vie après deux nuits blanches consécutives - déambulation amniotique - basses & très basses fréquences - hymne à l'engourdissement – je suis retombé sur mes pieds en sautant du douzième...

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il y a 10 ans

9 j'aime

Without Your Love
maolic
8

Si les ruptures devaient avoir un compositeur

Il y a bien longtemps que la nuit n'est plus cette longue apnée solaire. Elle n'a jamais été ce ballet virevoltant de blanches et de noires, que les romantiques aimaient décrire avec des caractères...

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il y a 8 ans

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Volt
maolic
2
Volt

Un problème de secteur, visiblement

Un film réalisé en 2016 et qui réussit la prouesse d'être aussi manichéen que les mandats Bush père & fils effectués quelques décennies plus tôt... Comme quoi, on peut s'appeler Tarek Ehlail,...

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il y a 4 ans

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