Vous ne trouvez pas les toutes dernières sorties ? C'est normal : on rencontre un petit problème avec la base de données Musique. Désolé du désagrément et merci pour votre patience. On revient vers vous dès que la cause du problème est réglée.

Quand le lard rencontre la radio...

Avis sur Vieux frères, partie 2

Avatar Amomo
Critique publiée par le

Considérer Fauve comme une prise de risque artistique est une erreur, tenant plus d'une sombre blague que d'une tentative de justifier la banalité de leur production. Ainsi se retrouve-t-on avec la deuxième partie de Vieux frères, qui avait connu une petite débâcle suite aux paroles dérisoires et à la naïveté évidente du collectif. Au début, je n'étais pas d'accord, mais peu à peu mon apriori commençait à changer.

Tout d'abord, Fauve c'est un EP au doux nom de Blizzard, où le voyage musical se fait dans des conditions agréables, on se laisse bercer par ce son adolescent, jeune et innocent, clamant une certaine mélancolie vis-à-vis de la vie moderne mais en restant optimiste. Derrière cela se cache un phénomène de société, Fauve commence ainsi à devenir un groupe de plus en plus connu, où adolescents et (jeunes) adultes s'affrontent pour témoigner de la qualité dite "évidente" du groupe. Jusque là, pourquoi pas, le premier album n'était toujours pas sorti, on sortait de cet EP rafraichissant, avec des morceaux aussi beaux qu'entrainants, en tout cas paraissent-ils à mes yeux, même si une réécoute s'impose suite au dernier album que l'on va évoquer par la suite.

Le début de l'année 2014 ouvre avec la sortie de Vieux frères, partie une, avec lequel les critiques divergent. Entre un album trop tendancieux et un album parfaitement maitrisé, Fauve ne peut laisser indifférent. Génie ou escroc ? Des débats s'en suivent, on ne sait pas quoi penser face à un groupe dit indépendant, mais qui devient de plus en plus commercial. Infirmière, Jeunesse Talking Blues et Lettre à Zoé figurent parmi les morceaux que l'on entend le plus à la radio, la création dite artistique de Fauve parvient alors à être critiquée puisqu'elle ne correspond pourtant plus aux intentions du groupe. Malgré le statut d'indépendant que Fauve continue de prôner, le groupe devient majoritairement connu, devenant par ailleurs un phénomène populaire. Ce dernier va alors vendre 600 000 disques, en tentant de faire baisser le prix dans toutes les enseignes vendant leurs disques comme les membres tentent de prouver, mais conserve l'anonymat, élément plutôt étrange dans une société aussi connectée et aussi impersonnelle dans laquelle nous vivons.

Depuis le début du mois de Février en l'année 2015 se profile une campagne de pub face à l'arrivée prochaine de la suite de Vieux frères, la seconde partie tant attendu.

C'est tout de même incroyable de voir Fauve qui fait un plagiat de son précédent album mais en tentant de le camoufler en ajustant les productions ! Pourtant l'album ne commence pas terriblement comme l'ancien commençait (l'épouvantable morceau avec un sample de Schubert...) puisqu'on se retrouve avec Juillet (1998), morceau pas mauvais mais pas terrible non plus, où la production apporte un peu de fraîcheur, ai-je dis un peu hein... les paroles, a contrario, n'égalent rien, elles expriment les mêmes choses que l'on entend sur les deux précédents disques ! Non mais les mecs, faut arrêter avec l'esprit nostalgique que l'on arrive à dépasser, c'est tout sauf agréable puisque c'est du déjà-vu, avec aucune pertinence ! La suite n'est pas du tout bonne, cela en devient même catastrophique, d'où un grand étonnement face au cinquième Rag qui n'apporte rien, la transition avec le futur morceau est mauvaise. Le morceau qui suit est justement Tallulah, morceau commençant pourtant d'une bonne manière, mais s'empirant au fil des secondes suivant la prise de parole du chanteur, ce dernier raconte encore les mêmes choses avec le "temps perdu" que l'on doit "retrouver" par exemple "toute la nuit", avec "Si le bateau coule, je te suivrai je serai comme ton ombre" qui devient le genre de paroles caricaturant le groupe. Finalement, l'avènement du phénomène Fauve est peut-être une preuve de la solitude de la société, où l'émotivité est adulée mais n'est pas comprise dans la vraie vie, on ne l'écoute pas vraiment et on ne la désire que à la radio pour les gens en majorité, mais la vivre en réalité ô que non, on préfère autre chose que l'émotion finalement puisqu'elle est fausse telle qu'elle est décrite par Fauve, elle n'y correspond pas puisqu'elle en est la caricature la moins subtile qu'il puisse exister !
S'en suivent Bermudes et Azulejos, morceaux très ennuyants, forcément ennuyeux lorsqu'on fait un album à "paroles" puisqu'on ne retrouve que les éléments des précédents albums, c'est le même album que la partie une mais en moins bien, c'est dire où on se dirige dans le milieu musical en France (ou des choses comme Christine and the Queens sont plébiscitées quand même!.) Après on ne trouve toujours rien d'intéressant, toujours les mêmes thèmes, les mêmes productions mais en moins originales, là où justement Tunnel dans la partie une était rafraichissante car on entendait encore une femme dans le collectif. Petite tentative d'apporter un rythme "africain" avec des percussions sur T.R.W. mais c'est assez ridicule, tout est calibré pour la radio, l'album devient finalement impersonnel alors que c'est Fauve quoi ! Le groupe proclamé comme étant un collectif humain voulant se rapprocher de son public ! C'est vrai que revendre un album similaire au précédent est une preuve d'affection, surtout lorsqu'on doit débourser au moins dix euros pour l'acheter...
On termine l'album avec Les Hautes Lumières, mais c'est tellement fade et prétentieux sur la production, et lorsque le parolier se met à chanter on est retourné, enfin c'est un mec qui aimait Fauve qui vous le dit ! On passe de Rub A Dub, qui reste toujours aussi appréciable pour moi, à ça ! Non mais merde, tout est fait pour que l'album puisse être diffusé intégralement à la radio, la dimension artistique recherchée éventuellement auparavant est totalement morte, on ne constate que désolation et perdition sur cet album, c'est une refonte du précédent en encore moins recherché ! Vous qui lisez, allez donc vers le dernier album de Björk ou même vers Panda Bear mais ne perdez pas votre temps à écouter le dernier Fauve puisqu'il n'y a rien, aucune créativité, aucun sens artistique. "La radio m'a tuer" pourrait dire le parolier dans quelques temps si le collectif prend fin avec cet album, et ce ne serait pas une mauvaise nouvelle...

"Les êtres les plus imaginatifs ont le sens de la théorie, parce qu'ils n'ont pas peur qu'elle bride leur imagination, au contraire. Mais les faibles redoutent la théorie et toute espèce de risque, comme les courants d'air." disait Pierre Boulez, à vous de méditer là-dessus.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1721 fois
18 apprécient · 5 n'apprécient pas

Autres actions de Amomo Vieux frères, partie 2