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White Trash, Two Heebs and a Bean par minimina

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Coluche a dit

La liberté c'est un mot qui a fait le tour du monde et n'en est pas revenu.

M'est avis que celle-ci était simplement allée se planquer dans les chaussettes de quatre p'tits gars qu'on n'attendait pas.

Des petits jeunes qui avaient embrassé un mouvement qui promettait l'instantanéité, le frisson, la fougue et une certaine fureur de vivre; mais celui-ci avait déjà amorcé son repli, sa longue chute, se retrouvant corseté, emprisonné par ce qui était auparavant le symbole même de sa liberté.
La société de consommation avait fait ce qu'elle sait faire de mieux. Le mouvement Punk tout entier avalé, mâché et digéré, image déformée de sa propre réalité; utilisé et remodelé son sens en devenait galvaudé.

NoFX aurait pu choisir cette voie finalement plus aisée, moins contraignante. D'autres ne se sont pas fait prier. Le punk était devenu skater, sa musique avait gardé sa base mais perdu son âme.

Seuls quelques irréductibles avaient su résister à la lame de fond, notamment le groupe Bad Religion dont le guitariste Brett Gurewitz allait créer le label indépendant (encore à ce jour) Epitaph, qui prendra sous son aile nos quatre énergumènes.

Et pourtant ils sont revenus de loin.

Pas assez politiques, pas assez punks au regard des puristes, NoFX amorce sont grand virage en composant d'abord l'excellent EP The Longest Line, puis suivront White Trash, Two Heebs and a Bean et Punk in Drublic, triptyque qui sonne comme un joyeux Fuck Off.

Avec White Trash, Two Heebs and a Bean, NoFX signe un certain renouveau du punk, en redessine les contours mais sans en forcer le trait. Cet album sonne comme un souffle chaud dans la nuque et une claque sur les fesses.

Le punk est bien de retour mais il entame sa mue.

Bien sûr toutes les caractéristiques d'un bon album punk rock sont présentes : Chansons courtes, riffs endiablés, textes sauvages poussés par la nécessité et une certaine forme d'essentialité; White Trash, Two Heebs and a Bean n'en reste pas moins un ovni du genre.
Album faussement bête, volontier moqueur - la reprise de Strait Edge de Minor Treat - Fat Mike et ses acolytes vont en faire un hymne à la gloire du punk.
Chaque morceau est une petite pépite de provocation, qu'elle soit textuelle ou musicale et une affirmation de leur émancipation farouche et sans concession.
On assiste à des détournements de genres, notamment le Jazz et le Reggae qui n'ont depuis bien longtemps plus à prouver la part belle qu'ils font à la liberté.

Le tout donne un album joyeux, décapant et franchement jouissif. En l'écoutant je me suis même surprise à rire devant tant de folie, devant cette affirmation simple et sans fard d'indépendance, devant ces quatre garçons impertinents.

*Remerciements à -IgoR- pour son aide et sa patience, inestimables.

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