J'aimerais que tu sois là

Avis sur Wish You Were Here

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" Après Dark Side, nous pataugions beaucoup. Je voulais que le prochain album soit plus musical parce que je pensais que certaines chansons étaient juste des supports pour les paroles. En 1974, on travaillait dans cet horrible studio de répétition de King Cross sans fenêtres, essayant de mettre en place les deux prochains albums. Il y avait trois longs morceaux dont Shine on You Crazy Diamond que je voulait enregistrer. Roger a dit, “Non, prenons Shine On, divisons la en deux et entre les deux on met d’autres chansons autour du même thème. Il avait raison et j’avais tort. "David Gilmour, Mojo Magazine, mai 1994.

Wish You Were Here (trad : J’aimerais que tu sois là ) est le 9e album studio du quatuor. Il est écrit et composé en 1974, durant la tournée du groupe qui suivie la sortie de The Dark Side of The Moon. C'est ainsi que trois morceaux sont finalement développés lors des divers concerts du groupe à travers l’Europe – Raving and Drooling, You Gotta Be Crazy et Shine On Your Crazy Diamond. Les deux premiers sont rapidement mis de coté, mais seront retravaillés pour l'album Animals (Sheep et Dogs), tandis que le troisième morceau ne cessera d'évoluer pour devenir la pièce central de la future création du quatuor qui prend naissance. Néanmoins l'enregistrement de l'album fût difficile et se développa sur deux périodes (Janvier à mars 1975 et juillet 1975). C'est durant la première période que le groupe rencontra le plus de difficultés, tout du moins jusqu'à ce que Roger Waters décide de diviser le morceau principal en deux, ce dernier faisant une vingtaine de minute, et d'insérer d'autres titres entre. Le groupe aura énormément de mal à créer de nouveaux morceaux, épuisé physiquement et émotionnellement par l'énorme succès de The Dark Side of The Moon. De plus certain événements extérieurs viennent accentuer les difficultés du quatuor, avec notamment le mariage de Mason qui se disloque. Toutefois, un événement va redonner la motivation au groupe en juin 1975. En effet, lors d'une séance de mixage pour le morceau Shine On Your Crazy Diamond un homme corpulent aux sourcils et crane rasés entre dans la pièce et commence à déblatérer tout un tas de choses incohérentes. Le groupe ne reconnaît pas immédiatement Syd Barrett (Ancien Leader du groupe). Cette visite surprise choque et attriste tout le monde, mais redonne néanmoins un coup de fouet au groupe qui justement écrivait sur lui d'une certaine façon, le thème de l'album étant l'absence. L'enregistrement de l’œuvre se termine donc peu de temps après, en juillet 1975.
Wish You Where est donc le second album du groupe construit autour d'un thème de Waters. Toujours dans l’expérimentation, avec notamment l'utilisation de synthétiseurs (dont le fameux VCS3) et d’effets sonores comme pour Dark Side of The Moon. Le thème de l’album étant l'absence, en souvenir de Barrett, mais aussi une critique de l'industrie du disque. Les paroles sont intégralement écrites par Waters qui se lâche comme jamais, notamment dans sa critique – We call it riding the gravy train – (On appelle ça la pompe à fric – Have a Cigar). Malheureusement le succès critique ne sera pas vraiment au rendez-vous et la presse n'hésitera pas à descendre l'album; le public sera beaucoup plus clément et l’accueillera avec joie. Plus tard, Wright et Gilmour déclarerons qu'il s'agit de leur album favori du groupe, ce qui est largement compréhensible vu le chef d 'œuvre qu'est Shine On Your Crazy Diamond et la simplicité d'écoute de l'ensemble.
La pochette de l'album compte parmi les plus complexes du groupe. En effet, pour représenter le concept de l'absence, le groupe a eu la bonne idée de dissimuler dans un premier temps ladite pochette dans un emballage de plastique noire, afin de la rendre elle même absente. George Hardie, conçoit une autocollant représentant deux mains mécaniques se serrant la main à placer sur le plastique, cette dernière représentant la déshumanisation de l’industrie du disque (Welcome to The machine et Have a Cigar). La pochette en elle même, représentant deux hommes d'affaire, dont un en feu, dans une poignée de main évoque le peur de se faire griller et donc le fait de cacher sa nature profonde. L'arrière du disque étant lui, un Floyd dépourvu de visage, quelqu'un d'absent, nageant dans un costume vide et vendant son âme. L'intérieur de la pochette présente deux photographies de paysage vide, liées encore une fois au thème de l'absence.

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