Une saga de SF qui se dévore.

Avis sur Aldébaran, intégrale

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Cela m'a pris longtemps avant d'enfin ouvrir un Leo. Autant les couvertures m'attiraient, j'étais interloqué par l'étrangeté de ces créatures s'affichant sur chaque album. Mais à chaque fois que je feuilletais un ouvrage, j'étais révulsé par trait robotique des corps et expressions humaines des protagonistes de cet album. Je repoussais donc au lendemain, puis au surlendemain, et sept ans ont passé.
C'était pourtant passer à coté d'un classique de la SF du neuvième art. Tant de gens attendant chaque nouvel album, le nombre de fois où j'entendais à quel point un album de Leo, c'était excellent, malgré cette manière de dessiner les corps humains. Je tombais parfois sur un moment intrigant d'aventures dont je n'arrivais pas à discerner le sens, tout comme je n'arrivais pas à saisir la réelle différence entre chaque cycle de la saga.
Ce n'est que récemment que j'ai emprunté Aldebaran, la première partie de cette oeuvre toujours en cours. De vieux exemplaires trouvés à la médiathèque m'ont permis de comprendre ce que j'avais raté jusqu'ici. Une aventure prenante, et pleine de rebondissements.
Je ne change pas mon à priori. Je n'aime pas la manière dont les personnages sont dessinés. Trop statiques, leurs expressions manquent de vie. Mais leur écriture permet d'oublier ce seul défaut. Leo a compris ce qu'était d'écrire un personnage, ou un peuple humain, son développement psychologique a tout âge, face à des conditions extrêmes, ou après avoir subi un lourd traumatisme. Marc le héros est agaçant, parce qu'il est encore immature, et ses réactions du haut de ses seize ans sont à la hauteur de ce qu'un adolescent de son âge ferait. Kim cache un fort potentiel, mais débutant le récit à quatorze ans, ses réactions sont dignes d'une gamine impulsive et frustrée de son jeune âge. C'est de page en page, et d'album en album, que nous voyons ces deux protagonistes grandir. Confrontés à la destruction de leur village, ces descendants de colons humains découvrent la planète de résidence : Aldebaran.
Celle-ci abrite de nombreuses espèces animales ou végétales sortis tout droit de l'imagination de Leo. Pacifiques ou mortelles, il est impossible de savoir quand, et comment, une créature sortira les dents pour mettre à mal nos héros. Et lorsque ces derniers se retrouvent dans une zone mortelle, remplies de prédateurs, et bien on y croit. Le lecteur se demande alors comment les protagonistes vont se tirer de ce mauvais pas. Aldebaran est également une terre de conflit humains. Le contact avec la Terre s'étant fait oublié petit à petit, la nouvelle société est dirigée par une caste religieuse plutôt âpre à la dictature et au contrôle de la pensée. Kim et Mark vont vite se retrouver entre deux feux, en multipliant les alliances et les trahisons en tout genre. Pourtant, de tous ces dangers, rien n'égale la Mantrisse. Cette créature si mystérieuse et dont personne n'a vu la véritable apparence que nous la porterions à l'état de divinité. Véritable fil rouge de l'histoire, tout finit par tourner autour de cet être dont les intentions et le comportement reste inexpliqué tout au long du récit. Espérons que la suite nous en dira plus.

Ainsi, Aldebaran dispose de trop nombreuses qualités. Une réelle biosphère toujours si surprenante à chaque nouvel album. Une narration excellente, où l'auteur n'hésite pas à user des mots là où se limite son trait. Des personnages attachants, et intrigants, dont le retour est si attendu dans le cycle suivant : Betelgeuse.

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