Le rêve de Griffith

Avis sur Berserk, tome 13

Avatar Simon Duchateau
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Pas évident de décrire le tome 13 de Berserk à travers des concepts humains comme "les émotions" ou encore "la logique". Non impossible de dire avec des mots tout ce que représente ce livre.
Alors en effet, on peut le décrire froidement comme le treizième tome de la saga Berserk de Kentaro Miura, apogée de l'arc de "l'Âge d'or" concluant l'histoire de la troupe des Faucons et initiant l'ascension divine de Griffith en la personne de Femto.
Mais ça c'est juste du texte, sans saveur, or le tome 13 de Berserk, c'est bien plus que ça, ce tome à l'odeur du sang et le goût du fer.

La liste de comparaison qui va suivre essaye de mettre des mots sur ce qu'est le tome 13 de Berserk.

Ce tome ne te "marque pas au fer rouge" comme dit l'adage, ce tome te blesse, il te tranche et donne le tétanos.
Ce tome ne t'inspire pas la peur ou le dégoût, ce tome est la peur et le dégoût.
Ce tome là ne te fais pas juste vomir, il t'infecte, s'insinue dans ton âme et y restera à jamais.
Si ce tome te transporte, te fais voyager, c'est uniquement en enfer et à travers la noirceur de l'âme, mais en première classe.
Ce tome ne te "prend pas aux tripes" comme dit l'adage, non non non, il prend tes tripes, littéralement, à vif.
Assimiler ce tome à un viol, c'est atténuer les choses, aucun crime humain ne peut tenir la comparaison avec ce livre.
Ce tome ne te fais pas vivre un cauchemar, il te transmet des visions.
L'enfer n'est pas pavé de bonnes intentions, il est pavé de Tome 13 de Berserk
Ce tome n'est pas un coup de cœur, c'est un coup dans le cœur qui ne peut être guéri

Vraiment aucun superlatif, aucune image ne peut retranscrire ce que fais vivre le tome 13 de Berserk, du désespoir imprimé, de l'injustice en 130x180mm, 250g de chaos. Ce tome, c'est la pierre angulaire du mal.

Edit (20/05/21) : Même si de nombreux signes le présageait déjà, Berserk ne se terminera pas selon la volonté de Kentaro Miura. Je pense que la plupart des gens verront Berserk comme une œuvre inachevée, mais j'aime voir, dans les derniers chapitres, une fin et un ton doux-amer assez inattendu pour ce récit noir :

Casca retrouve la raison et surmonte peu à peu son syndrome post-traumatique.
Griffith fonde son royaume et parvient à unir les hommes sous son drapeau.
Guts retrouve une forme de paix intérieure et laisse sa quête de vengeance de coté au profit de Casca et de ses nouveaux compagnons.

Une fin en déconnexion absolue avec les évènements de ce tome 13. Mais une fin cohérente et apaisante.

J'ai écrit cette critique parce que ce tome en particulier (et le 3ème film d'animation avant lui) m'avait vraiment retourné l'estomac. Un sentiment rare qui avait le luxe de se réactiver à la moindre vision des pages du tome. Cultivons ces émotions, le récit n'a peut être pas de véritable conclusion mais il aura laissé sur chacun d'entre nous, comme sur ses personnages, une marque indélébile faite de sang..

On avait souvent tourné en dérision les hiatus (et l'interminable traversée en bateau), mais je pense que la conclusion de Berserk a du être une véritable source d'angoisses pour Kentaro Miura. J'espère qu'elle n'aura pas trop assombri les dernières années de sa vie.
RIP M. Miura, merci pour la folie.

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