Au détour d'une déception, piquer une gueulante contre ce connard de Grant Morrison !

Avis sur L'Héritage maudit - Grant Morrison présente...

Avatar Vy Ty
Critique publiée par le

Grant Morrison, c'est un grand nom dans le monde des comics, et en ce qui concerne Batman il est malheureusement incontournable.

Déjà déçu par son All-Star Superman, j'ai longtemps hésité à me lancer dans le très grand arc de Batman dont il est l'auteur. Pendant quatre ans, il a été la pierre centrale de l'univers de Batman, or Grant Morrison est un grand mégalomane égocentrique et imbuvable. Alors quand on lui confie Batman, il se l'approprie (ce qui est bien en soi) mais sans trop se préoccuper des autres auteurs qui travailleront sur le personnage. En gros, il considère que Batman lui appartient !

Ce qui a posé de nombreux problèmes parce que comme la plupart le savent, récemment une Renaissance de l'univers DC a eu lieu. L'âge moderne prend fin et on décide de repartir à zéro. Problème Grant Morrison fait un caprice de star et déteste l'idée d'avoir bouleversé à maintes reprises l'univers du chevalier noir pour finalement ne pas contraindre les autres auteurs à le suivre. Il fait ainsi donc pression, pour que le reboot de Gotham soit assez faible, ils peuvent changer des détails mais doivent rester dans la continuité de ce qu'il a fait...
Ce qui est assez chiant puisque contraint grandement les auteurs. La renaissance est donc en partie à cause de lui, un coup dans l'eau. Heureusement l'arc de Snyder s'en sort plutôt pas mal malgré tout et arrive à camper une ambiance qui lui est propre, moteur de cette Renaissance.

Mais c'est sans compter sur la saloperie monumentale qui pourrit l'âme de Grant Morrison réussissant donc à gâcher malgré tout quelques peu cette renaissance. Comment ? Et bien, sans trop spoiler, le scénariste s'amuse à tuer un personnage important de l'univers en bouclant son arc. (Un arc commencé à l'âge moderne mais qui se termine pendant la Renaissance).
Et il le fait d'une belle manière ! Sans l'annoncer à personne, sans l'annoncer aux autres créateurs travaillant sur Batman et sur les séries liées. Que se passe-t-il ? Un personnage qui venait tout juste d'avoir sa propre série décède et donc tue dans l'oeuf la série d'autres créateurs. La Palme de la Saloperie revient à Grant Morrison pour les dix années à venir.... Plus amusant encore pour gâcher plus directement le plaisir des spectateurs, cet événement important dans l'univers, il l'annonce sur facebook le jour même de la parution du fascicule ! Bah ouai, si t'es un fan qui le suit et que t'as pas acheté le jour même le fascicule et ne l'a pas lu tout de suite, tu mérites bien qu'on te spoile dans ta face.

Moi ? Je ne suis pas l'auteur sur facebook, donc j'ai évité ce spoil. Mais comme il a contraint les autres créateurs qui n'étaient pas du tout au courant à insérer cet événement dans leurs runs de manière ultra brutale, il suffit de lire le troisième tome du Nightwing de la Renaissance pour se prendre dans la tronche sans aucun préavis, sans introduction, sans transition, sans cohérence même la révélation d'envergure ! Sans qu'on nous le raconte, puisqu'il faut alors lire Grant Morrison pour avoir cet événement qui conclut la participation du connard à Batman. Maintenant je crois qu'il est parti dégommer l'univers de Superman.. (Edit : Après lecture, je confirme qu'il a bien pourri le kyrptonien. Et a priori, on va pouvoir attendre un bail avant de voir des publications récentes en France....).
Et les auteurs de la série consacrée au feu personnage sont obligés de bricoler pour intercaler des événements qui ne suivent plus le Batman New52 (appellation autre de ce Relaunch). Bonne chance à eux.

Bref, même s'il m'a déjà gâché ma Renaissance Batman, je souhaite au maximum éviter les déconvenues à l'avenir et ai donc décidé de me taper toute la série publiée par Urban Comics sous le titre "Grant Morrison présente Batman", rien que le titre de cette collection rappelle l'égocentrisme démesuré du mec !

Il faut reconnaître au scénariste la modernisation majeure qu'il a apporté à l"univers de Batman en faisant revenir sur le devant de la scène, une création étrangement anodine, le fils caché de Batman, Damian !
Et l'arrivée de ce futur nouveau Robin est le début même de l'arc. Damian, c'est un personnage assez génial, élevé en tant qu'assassin, il est violent, arrogant, égocentrique, et souhaite à tout prix faire ses preuves. Un fils difficile à gérer pour le pauvre Batou ! J'attendais impatiemment de voir l'introduction de ce personnage et son développement par celui qui est à l'origine de sa présence, Grant Morrison.

Et putain, ce premier tome est tellement décevant à ce propos, Grant enchaîne les événement sans transition, sans introduction ni développement. En gros Talia arrive révèle à Batman qu'il a un fils caché, lui confie et se barre. Batman le prend avec lui et voilà ! Bon après, il va se passer autre chose.
Mais putain WTF ??? Non, mais on t'annonce (à toi Batman) que t'as un fils dont tu connaissais pas l'existence, et ok, tranquille, bon on le ramène à la maison. C'est un événement primordial qui mérite d'être amplement développé et là on te le bâcle comme pas possible. Et ce premier tome nous enfilera plein d'autres histoires qui ne semblent avoir que très peu de liens entre elles. Aucun développement psychologique.

C'est le premier reproche que je fais à ce premier tome, il n'approfondit rien de ce qu'il annonce. Il enchaîne les événements, sans distinguer ceux qui sont primordiaux et potentiellement bouleversants de ceux plus anecdotiques. Créer des événements marquants, c'est à la portée de n'importe qui avec un peu d'audace. On s'est probablement tous dit un jour : "Tiens, ce serait tellement génial, si il se passait ça ou ça dans l'histoire". Sauf que le vrai talent, c'est de réussir à bien traiter un événement majeur ! Et Grant Morrison ne le fait pas.

De plus et c'est le second gros reproche que j'adresse à Morrison, si les dessins sont satisfaisants, le scénario est tellement ringard !!! J'ai l'impression de retourner à l'âge d'argent...
La Renaissance de Batman souhaite quitter le côté très intimiste et sombre qu'avait amorcé Miller dans l'âge moderne. On se retrouve donc avec des intrigues bien plus rythmées, un suivi continu plus explicite et davantage d'action. Snyder d'ailleurs dans sa cours des hiboux et aussi dans le tome 4 reprenant les origines du Batman dit vouloir s'inspirer davantage d'une ambiance blockbuster/film d'action, faire un anti-année Un (l'oeuvre de Miller qui marque assez clairement l'âge moderne de Batman). Une telle déclaration peut faire peur, pourtant la psychologie du personnage, l'intérêt de l'intrigue et les problématiques n'en perdent pas pour autant leur sel et leur intérêt. Et je dois avouer bien qu'adorant l'âge moderne, être très séduit pour cette nouvelle ambiance.
Mais Grant Morrison rythme son récit et son arc de manière totalement inappropriée en partant dans tous les sens, mais vraiment tous les sens.
Et nous voilà en effet retournant dans des multiples références à des événements très vieux anecdotiques et dont on pouvait franchement se passer. Inspiration fantastique, science-fiction, tout le ridicule qui existait dans l'univers des comics avant l'âge moderne quoi.
Ce premier tome met l'accent sur les Man Bat, homme transformé en chauve-souris à l'aide d'une substance à injecter. Non mais franchement, peut-on faire plus Kitch ? Je veux bien quitter l'ambiance sombre, mais est-on obligé de perdre toute crédibilité en faisant perdre l'attrait particulier de Batman son penchant réaliste depuis plusieurs décennies... La fin du tome nous présente une histoire centrée autour d'une équipe de loosers qui se prennent pour de supers-héros. Et le tome se termine sur une récit purement textuel, où on a des pages mal écrites, aux phrases mal agencées pour rendre le tout obscur et cacher le manque de talent stylistique. Ces nombreuses références accumulées à l'historiographie honteuse du chevalier noir atteignent à n'en pas douter leur effet, caresser dans le sens du poils, les ados attardés, qui jouissent à l'idée de reconnaitre des références anciennes que les nouvelles générations, ou les amateurs de bons récits tout simplement ne connaissent pas. De manière assez amusante, durant l'âge d'or et l'âge d'argent des comics, la bande-dessinée américaine est d'un point de vue narratif à sa naissance, son enfance la plus tendre, et j'ai parfois l'impression à regarder les fans boys de grant morrison de reconnaitre quelques parents qui s’extasient devant leur bambin baragouinant des sons insensés, croyant reconnaitre quelques mots et s'écriant aux génies.

A vouloir trop imprimer sa patte, Grant en vient à perdre le fan que je suis en présentant tout ce que je déteste.

Bon pour terminer sur une note positive, je dois avouer avoir beaucoup aimé le travail du dessinateur Kubert et des encreurs ! Là c'est par contre tout ce que j'aime, même s'ils ont été forcés par M. Connard de dessiner des monstres ridicules.

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