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Avis sur L'Inquisiteur mégalomane - Donjon Antipodes,...

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Un Inquisiteur, une secte panspéciste et … des dragons qui parlent.

Nous avions quitté les deux cabots de L’Armée du Crâne s’enfuyant à quatre pattes de la ville des Elfes sous une nuée de flèches. Nous les retrouvons non loin, toujours à la recherche d’un nouveau maître, mais désormais recherchés par les autorités elfiques depuis que le chien d’Orque a dévoré vivant l’Elfe qui avait tué son maître au combat. Les voilà ainsi traqués par les sbires du Grand Inquisiteur de la ville qui cherche à faire un exemple. Evidemment, les deux toutous n’en savent rien. D’ailleurs, comment pourraient-ils comprendre ce qui est écrit sur l’avis de recherche les concernant qui est placardé un peu partout, eux qui ne sont que deux chiens ordinaires ?

C’est reparti pour un tour ! Sfar et Trondheim continuent d’explorer le lointain passé du Donjon grâce aux aventures totalement loufoques des deux sympathiques clébards découverts dans L’Armée du Crâne (DA – 10 000). Après un premier tome où les auteurs nous faisaient miroiter certaines réponses à l’univers Donjon, cet album nous les offre sur un plateau. L’histoire avance en effet très vite, avec des révélations que l’on n’attendait pas si tôt : on saura ainsi dès la fin de ce second tome l’origine de la bipédie et de l’anthropomorphisme sur Terra Amata ! De même, il est tout à fait savoureux de découvrir la proto-origine du Donjon (avec un sublime clin d’œil au Hobbit !). Ajoutez-y une belle galerie de personnages absurdes (l’Inquisiteur et ses sbires totalement fous sont géniaux), une chouette inventivité, des recoupements et des liens avec d’autres albums de la série qui commencent à se voir, plein de surprises et de péripéties dans le scénario, de l’humour absurde et décalé … et vous obtenez un album non seulement essentiel en terme de background, mais surtout qui se classe d’emblée parmi les plus belles réussites de la série.

La force de Donjon, c’est aussi de prendre le contre-pied systématique de choses qui sont communément acquises. Ainsi, le traitement des Elfes par Trondheim et Sfar est tout à fait savoureux. Dans l’héroïc-fantasy classique, les Elfes sont généralement décrits comme des êtres aimables, sensibles, d’une grande noblesse de cœur et d’esprit. Dans Donjon, les Elfes sont les pires ordures de Terra Amata. Ils n’hésitent pas tuer, massacrer ou torturer au nom de leur race prétendue supérieure et veulent rester l’espèce dominante de la planète. Bref, de sacrées enflures ! J’ai adoré cette vision de ces personnages emblématiques de l’héroïc-fantasy.

Graphiquement, Panaccione est dans la continuité de l’album précédent, avec un trait plutôt agréable mais qui manque régulièrement de finesse. Ceci dit, le côté rustique du dessin va bien pour le coup avec cette époque archaïque et primitive du Donjon située très très loin dans le passé. Au final, L’inquisiteur mégalomane est un album en tous points enthousiasmant. Un album qui marque un pivot dans la saga et dont la suite s’annonce réellement palpitante.

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