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Le Goût du chlore par Julia Couplan

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Voilà, j’ai eu un moment d’absence qui sont la cause de multiples facteurs dont une soirée à la piscine. Ceci me motive à vous écrire ma critique sur une bande dessinée que j’ai lu il y a peu :Le goût du chlore de Bastien Vivès. Ce nom vous dit quelque chose ? Normal, B. Vivès est aussi l’auteur de Polina qui a été primé à Angoulême en 2011. Publiée chez Casterman depuis mai 2008, cette BD saura sûrement vous attendrir, vous émouvoir, vous donner envie de vous plonger dedans …

L’histoire en quelques lignes via Casterman
"C’est une histoire toute simple, d’une rare sobriété. Parce qu’il souffre du dos, un très jeune homme, dont au final on ne saura pratiquement rien de plus, se met à fréquenter une piscine sur les recommandations insistantes de son kinésithérapeute. Là, dans le bassin à la fois anonyme et rassurant où les individus ne sont plus que des corps qui nagent, au rythme monotone des longueurs ajoutées les unes aux autres, il fait la connaissance d’une jeune fille au corps et au sourire séduisants. C’est l’épanouissement de leur relation ténue, toute en silences, en esquives, en pudeur et en gestes esquissés, que va raconter Le Goût du chlore, avec une grande légèreté et un sens remarquable de la narration en images… Avec ce récit intimiste et pudique, façonné par les nuances et les non-dits, Bastien Vivès confirme qu’il est déjà devenu, en à peine plus d’un an d’intense activité, l’un des talents les plus originaux et les plus prometteurs de la nouvelle génération des auteurs français."

Le ressenti pendant et après la lecture

On peut être troublé par ce que l’on est en train de lire. J’ai envie de dire que ma lecture a été une expérience. Loin des intrigues que j’aime habituellement, cette histoire calme, nous relate la naissance d’une relation entre un garçon et une jeune femme. Le dialogue n’a pas besoin d’être, le dessin se suffit. C’est efficace ! Mais durant la contemplation, le lecteur peut être surpris de cette absence de mot, de cette intimité presque gênante quelque fois, par ce partage des sentiments qui nous lie jusqu’à la dernière page à ce garçon, dans cette piscine …
Beaucoup n’aimeront surement pas.
Le côté huis clos de la piscine, le bleu partout, le peu de parole rendent cette bande dessinée particulière. C’est autant ce qui fait son charme auprès de certains que ce qui la désavantage aux yeux des autres. Si vous êtes patient, que vous aimez regarder, contempler je dirais même admirer alors prenez Le goût du chlore et lisez !
Je ne pouvais que dire de cet ouvrage à la fin de ma découverte. J’ai attendu un peu, j’ai réfléchi à ce que j’éprouvais en pensant à ce que j’avais vécu … Je qualifierais ceci par de la douceur, du calme et des sentiments. Un joli voyage initiaque et aquatique. La transposition de l’apprentissage de la vie d’adulte à l’apprentissage de la natation est une belle comparaison. Et s’il est bien connu qu’en littérature l’eau représente le temps qui passe, le fait d’être dans une piscine où l’eau stagne alors que notre protagoniste évolue permet de montrer que le temps passe certes mais que c’est surtout l’homme qui change par sa volonté et par son contact social.

Que doit-on en conclure ?

Je pense q’il faut tester cette lecture qu’on soit amateur ou non du genre. Chaque livre est un voyage, on ne peut pas tout apprécier mais on peut tenter l’expérience. On en retire ce que l’on veut, ce que l’on peut et je crois que Le goût du chlore est une bande dessinée où l’on ne prédit pas le sentiment que l’on aura à la fin.

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