Meurtre au village de Monet

Avis sur Nymphéas noirs

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Qui a tué Jérôme Morval, dont on vient de retrouver le corps sans vie dans la rivière? Et pourquoi a-t-il le crâne défoncé et une plaie en plein coeur, comme si son assassin avait voulu le tuer plusieurs fois? Le mystère est complet, d’autant plus que le cadre dans lequel a eu lieu ce meurtre brutal ne semble pas propice à la violence. Nous sommes dans le célèbre village de Giverny, qui a l’habitude d’accueillir des cars de touristes, pas des combis de police. Chaque jour, des visiteurs venus de tous les pays se pressent dans ce décor de carte postale, rendu populaire dans le monde entier par les peintures impressionnistes de Claude Monet. Ce qui est certain, c’est que Jérôme Morval, un chirurgien ophtalmo qui habitait l’une des plus belles maisons du village, avait plusieurs ennemis potentiels. Pas seulement parce qu’il collectionnait les tableaux, mais surtout parce qu’il collectionnait les conquêtes. Et si c’était son épouse qui l’avait tué par jalousie? Ou alors le mari d’une de ses maîtresses? L’inspecteur Laurenç Sérénac, chargé de l’enquête, penche clairement pour cette deuxième hypothèse. Il faut dire que le jeune policier est plus que troublé par la séduisante Stéphanie Dupain, l’institutrice du village, dont le mari est connu pour sa jalousie maladive. En plus, ce n’était un secret pour personne que Jérôme Morval rêvait de mettre Stéphanie dans son lit… La cause est-elle donc entendue? Le mari de l’institutrice a-t-il liquidé son rival amoureux? Cela reste à voir, car deux autres personnages semblent avoir joué un rôle prépondérant dans cette affaire: une fillette passionnée de peinture d’un côté, une vieille dame qui espionne ses voisins de l’autre.

C’est la première fois qu’un livre de Michel Bussi, l’un des écrivains français les plus populaires du moment avec plus d’un million d’exemplaires vendus par an, fait l’objet d’une adaptation en bande dessinée. L’attente était donc grande parmi les fans de l’auteur. Malgré cette pression, le scénariste Fred Duval n’a pas choisi la facilité puisque comme le dit Bussi lui-même, "mes Nymphéas noirs étaient réputés inadaptables en images". Manifestement, cette réputation était fausse, car le scénario de Duval parvient sans forcer à capter l’essence même du récit pourtant très complexe imaginé par Michel Bussi. Tout y est: les personnages, l’ambiance, les rebondissements… un véritable tour de force! Le lecteur est pris par l’intrigue dès les premières pages et la qualité du récit reste la même de bout en bout. Il faut dire aussi que Fred Duval a pu s’appuyer pleinement sur le talent de dessinateur, de metteur en scène et surtout de coloriste de Didier Cassegrain. Les planches de ce dernier jouent un très grand rôle dans la réussite de cet album, notamment parce qu’elles utilisent à merveille le décor si particulier de Giverny pour donner vie au polar impressionniste de Michel Bussi. Un récit dans lequel les nymphéas de Claude Monet occupent une place centrale. "Avec cette bande dessinée, c’est un rêve qui devient réalité", s’exclame l’écrivain dans l’introduction de l’album. On comprend son enthousiasme. Et on espère, du coup, que la réussite de cette première adaptation donnera envie à Duval et Cassegrain de se pencher très bientôt sur d’autres romans de Michel Bussi.

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