Evolution inédite !

Avis sur The Wake

Avatar Romain Bouvet
Critique publiée par le

Un peu moins de quatre ans, ou un peu plus de trois ans, c’est au choix. C’est le temps qu’il m’aura fallu pour me décider à sortir The Wake de ma bibliothèque pour me lancer dans cette aventure. Pourtant, le duo Scott Snyder/Sean Murphy est plus qu’alléchant, il suffit de connaître American Vampire pour s’en rendre compte. Mais je ne sais pas, il y avait toujours un titre pour passer devant dans ma file de lecture. Et puis le pitch est prometteur pourtant. Mais c’est ainsi… Et sans rentrer, directement, dans les détails, je me mords les doigts d’avoir attendu si longtemps !

Lorsqu’elle est arrachée à ses recherches pour rejoindre une expédition secrète gouvernementale en plein Arctique, la biologiste marine Lee Archer ne se doute pas une seconde de ce qu’elle s’apprête à découvrir par 300 pieds sous la calotte glaciaire. Après avoir été présentée à l’équipe de spécialistes en tous genres, Lee découvre dans un caisson la raison d’être de cette expédition top secrète : le spécimen vivant d’une véritable chimère marine : une sirène…
(Contient les épisodes #1 à 10)

Lee Archer est une biologiste marine de renommée mondiale ! Plus qu’un travail, l’océan, sa faune et sa flore, sont une véritables passion. Elle a toujours adoré l’océan et veut faire tout son possible pour le protéger ! Avec une telle vision de sa passion, et une violente intransigeance envers ceux qui représentent un danger pour l’océan, il n’est pas étonnant de la voir travailler toute seule sur son bateau. Blacklistée des organisations gouvernementales et des instituts de recherches.

Qu’elle n’est pas sa surprise lorsqu’elle voit, alors, débarquer sur son chalutier l’agent Astor Cruz du Département de la Sécurité Intérieure ! Justement le genre d’organisation avec qui Lee a eut des problèmes et qui ont fait qu’elle est perdu son job ! Et pourtant, l’agent Cruz est là pour lui demander son aide ! Un son inconnu a été entendu, capté dans les grandes profondeurs de l’Arctique. Et le DSI a besoin du docteur Archer pour l’identifier. Bien entendu, Lee n’est absolument pas enclin à accepter l’offre. Mais lorsque Cruz dégaine la possibilité de récupérer son travail, et tous les moyens qui vont avec, ainsi que l’aide et l’appui nécessaires pour récupérer la garde de son fils, Lee n’hésite pas une seule seconde à se rendre en Arctique !

En arrivant sur place, Archer découvre que l’agent Cruz a oublié, sans doute par inadvertance, de donner tous les détails. Elle découvre alors que d’autres spécialistes ont été appelés à la rescousse, et que la base en question, se trouve profondément sous l’eau sous la calotte glaciaire. Une fois sur place ils découvrent, également, que la DSI a déjà découvert à quelle créature appartient le cri enregistré, puisqu’il est retenu captif dans un bocal géant !

Quelle surprise pour Lee Archer et les autres spécialistes de se retrouver face à un Siroi ! Le penchant masculin de la Sirène ! Une créature terrifiante, repoussante et d’une grande agressivité. Son cri est un véritable danger pour l’être humain. Furieuse d’avoir été ainsi bernée, comprend que l’agent Cruz attend d’elle, et des autres, qu’ils en apprennent plus sur la créature !

Malheureusement, cette étude n’aura jamais lieu ! La créature va en effet se libérer, et tous vont comprendre, avec horreur, que le cri était en fait un appel ! Moins d’une journée après l’arrivée du groupe de scientifique, la base de la DSI est quasiment détruite par un banc gigantesque de Sirois ! Les scientifiques et membres de la base tombent comme des mouches, et il ne reste, bientôt, plus grand monde auprès de Lee Archer pour tenter de fuir…

C’est cette fuite désespérée qui signe la fin de la première moitié de l’intrigue de Scott Snyder et Sean Murphy.

En effet, les cinq derniers chapitres se déroulent deux cents ans plus tard, en 2214. Le monde a radicalement changé suite à l’arrivée des Sirois. Il est d’ailleurs méconnaissable, et les habitants de la Terre ont du s’adapter à ces changements et vive d’une façon totalement différente.

Là, nous découvrons, Leeward. Une sorte d’aventurière, croisement entre Angelina Jolie version Tomb Raider et Kevin Costner dans son rôle dans Waterworld. Elle traque les Sirois pour les échanger, comme trophées, contre des pièces de radio longue portée, devenues aujourd’hui des pièces interdites à la circulation.

Leeward fait partie des rare personne à penser que retrouver le monde d’antan est possible. Elle es prête à tout pour trouver une piste, d’où ce côté aventurière hors-la-loi. Aussi, lorsqu’elle parvient à brancher sa radio et à capter un signal émis en direct par Lee Archer, elle comprend qu’elle a raison depuis le début ! Mais va-t-on la laisser révéler sa découverte ou aller plus avant ? C’est une autre histoire qui commence !…

Je dois bien avouer avoir été littéralement happé par l’intrigue de Scott Snyder. Il faut dire que le scénariste ne nous laisse pas la moindre seconde de répit. Toujours des rebondissements, toujours de l’action. Que ce soit dans le présent ou en 2214, les fuites de Lee et Leeward ne sont en fait qu’une course à la vérité ! Car la présence des Sirois, les images qu’ils projettent, ce qui arrivent au monde, les expériences vécues par Lee, tout cela coïncide avec la course à la vérité !

Les actes des Sirois ne sont pas anodins, leur existence non plus, tout cela cache un secret aussi vieux que les premiers hommes ! Un secret en lien direct avec nos larmes ! On ne se doute pas à quel point nos larmes sont importantes. On pleure et elles coulent naturellement, sans que l’on sache vraiment pourquoi, si ce n’est parce qu’on nous a toujours dit que lorsque nous sommes tristes, nous pleurons. Mais Scott Snyder donne une autre explication à l’existence des larmes !

Une explication farfelue mais également pleine de poésie et permettant à d’autres êtres, venant d’autres mondes puissent cacher l’explication de l’origine du monde. Et je dois bien dire que je ne m’attendais pas du tout à cela. Le twist final est juste bluffant, mais tellement bien pensé, tellement imaginatif.

De là à dire que l’idée de Scott Snyder est la bonne, il ne faut pas pousser non plus, mais elle est intéressante et a le mérite de proposer quelque chose de nouveau, d’inédit. Si on pouvait cataloguer la première partie de récit clairement horrifique, avec la seconde partie on se retrouve plus avec une intrigue fantastique, avec une pensée onirique assez amusante et intéressante.

Graphiquement, étant absolument, totalement fan de Sean Murphy, que dire si ce n’est que ces dix épisodes sont du pur bonheur ! Même si je dois avouer avoir un peu de mal avec le design des Sirois. Pas assez clair à mon goût. Ils sont effrayants, terrifiants, mais on ne le distingue pas assez. Pour le reste, c’est un régal. La partie sous l’eau est incroyable, sa vision du monde à la Waterworld est juste géniale, on aurait envie d’en voir plus.
C’est toujours très vivant avec Sean Murphy, l’action a un rendu qui permet une immersion totale.

Bref, je regrette énormément d’avoir mis si longtemps à me plonger dans The Wake ! Le récit de Scott Snyder et Sean Murphy est juste génial ! Quelle intrigue prenante, quels personnages fascinants, quelle idée géniale ! L’une de mes meilleures lectures de ces derniers mois. On regrette que cela ne soit qu’une mini-série ! On adorait, j’adorais vivre d’autres aventures sur cette nouvelle planète, avec cette énorme révélation. Une lecture vivement recommandée.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 76 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Romain Bouvet The Wake