Choc

Avis sur 2001 : L'Odyssée de l'espace

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J'ai revu 2001 : L'Odyssée de l'espace il y a quelques jours dans un dispositif spécial à l'Institut Lumière à Lyon. L'expérience débute par de la musique, sans image. Le rideau est tiré. Puis, celui-ci s'ouvre, l'image apparaît, reliée à la musique cette fois-ci. Un entracte de quinze minutes se déroulera au bout d'une heure et demie de film environ et l'expérience se clôt une nouvelle fois sans image, avec de la musique.

Cette seconde vision au cinéma m'a créé un choc sans précédent. A dire vrai, je n'ai pas les mots. Il a même fallu que j'arrive suite à la vision à continuer à voir autre chose. Alors, j'ai tenté de faire comme si de rien n'était, continuant la saison 3 de Twin Peaks et pourtant qu'est-ce que j'aime David Lynch (je lis même actuellement son livre "L'espace du rêve"). Je suis ensuite parti sur les terres des animés en voyant Tokyo Godfathers. Mais rien n'y fait. 2001 est là, comme une hantise.

J'ai eu beau lire le petit recueil très beau de la nouvelle collection qui relie l'Institut Lumière et Actes Sud avec des textes du grand critique Michel Ciment, de Michel Chion, un entretien avec le maître. Mais rien n'y fait. Comme le dit Michel Ciment, il y a quelque chose qui, à la fin de la projection, nous réduit au silence.

Je n'ai pas les mots mais j'ai envie d'écrire.

Car ce film est un monument à l'image de son monolithe. Un objet de fascination. Et encore une fois, la preuve absolue de la puissance des images de Stanley Kubrick.

Le film est là, comment passer après. Sûrement faut-il, tout du moins pour moi, me dire qu'il sera présent comme une pierre angulaire de ma cinéphilie. Ces plans, ces couleurs. La vibration des images, des lumières. Puis soudain, des scènes plus fixes comme des tableaux.

Le sentiment que tout tient et qu'en même temps, tout fait réfléchir, sans cesse, dans une autorité sereine, ouverte.

Lorsqu'High Life est sorti, je l'attendais comme le messie, et j'ai été assez déçu au final. Claire Denis avait évidemment évoqué 2001 lors de son passage à Lyon durant le festival Lumière.

Comment passer après. Une grande majorité des cinéastes se range derrière, passant avec l'ombre du maître. Mais une ombre aussi lumineuse, à l'inverse de certains de ses autres films. Une déclaration d'amour à la beauté, la poésie, la peinture. Une forme d'opéra en salle obscure.

Stanley Kubrick était définitivement un grand parmi les grands et il n'est pas étonnant que dès son arrivée, des géants l'aient remarqué très tôt, Orson Welles pour ne citer que lui. Même Tarkovski aura réagi avec son Solaris.

2001 est une présence

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