L'humour comme politesse du désespoir

Avis sur À mon âge je me cache encore pour fumer

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Alger en 1996, en pleine explosion de violences et extension de l'islamisme.

Samia et Fatima travaillent dans un hamman. Ce jour-là, alors qu'elles reçoivent les habituées, Mereim, tombée enceinte hors mariage et sur le point d'accoucher, vient se réfugier chez elles par crainte des représailles de son frère rentré spécialement de France.

Dans le hamman, les vêtements, voiles et foulards tombent et les femmes discutent, avec leurs paroles et leurs corps comme seuls atours. Tout est criblé dans leurs dialogues : le mariage, le divorce, l'islamisme, les émigré de France, la France, les traditions, l'amour, les hommes...

La réalisation du début à la fin est très belle, tant pour les vues d'Alger (avec la poignante scène finale) que pour les images prises au hamman : vapeurs, eau et chairs, pudeur et formes féminines, visages à découvert.

Les dialogues sont exceptionnels, la comédie cocasse et hilarante côtoie la plus infâme des tragédie ; le film, tantôt un vrai régal d'humour, tantôt glaçant et effrayant -lorsqu'il s'agit d'islamisme.

Les actrices superbes, chacune dans un rôle, une personnalité bien travaillés et marquants.

J'ai trouvé ce film vraiment exceptionnel, intelligent. Cris et rires de femmes, plus féminines que féministes, laissant percevoir de l'espoir, mais comme un rêve qui reste à réaliser, tant le désespoir est grand.

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