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Alamo

Avatar Gérard Rocher
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En cette année 1836, le Texas, au prix d'une lutte acharnée qui fera un nombre énorme de victimes, proclame son indépendance vis à vis du Mexique. Afin de mener le combat qui s'annonce âpre, il faut bien entendu gagner du temps de manière à ce que l'armée texane, dirigée par le général Sam Houston, s'organise et bénéficie des moyens nécessaires pour combattre les troupes du général mexicain Santa Anna. Ce sont alors 185 héros, sous les ordres du colonel Travis, qui vont transformer en camp retranché l'ancien monastère d'Alamo. Durant treize longs jours ils vont combattre et sacrifier leur vie face à sept mille hommes, le temps que cette fameuse armée de l' Indépendance vienne leur offrir l'idéal auquel tous les texans, dont ces quelques irréductibles combattants, rêvent plus que tout: la liberté. Parmi ces braves d'entre les braves, le colonel Davy Crokett ne ménagera pas sa peine pour entretenir le moral de ses compagnons.

C'est une terrible épopée qui nous est présentée, une mission quasi impossible, et pourtant ils y ont tous cru jusqu'au bout ces hommes plein de hargne et d'espoir, seulement munis de quelques armes bien dérisoires face à un ennemi que l'on devine sans pitié et commandé par le terrible général Santa Anna. Celui-ci prend son temps comme pour mieux laisser l'adversaire dans le doute et dans la peur. Il sait que la proie est à sa merci alors que cette proie essaye de croire encore à l'arrivée du gros des troupes texanes qui pourra les sortir du guêpier dans lequel ils se trouvent. Le 6 mars au petit jour, une sentinelle fait sa ronde et elle se doute que ce sera la dernière: les milliers d'hommes de l'armée mexicaine avancent vers la forteresse.

L'effet de surprise a réussi. Le colonel William Travis tentera bien d'organiser la riposte dans la précipitation et ils se battront tous jusqu'au bout dopés entre autre par la bravoure de Davy Crokett mais les mexicains font donner les canons. Le flot envahit, telle une vague géante, les derniers héros d'Alamo qui n'auront pas assisté à l'arrivée des troupe texanes. Ils n'auront pas goûté non plus à l'idéal pour lequel ils se seront battus comme des lions.

Il aura fallu attendre 1960 pour voir John Wayne réaliser son premier film que certains attribuèrent à tort à John Ford. Cette réalisation grandiose de près de trois heures et qui a coûté près de 5 millions de dollars, constitue pour l'époque un véritable exploit au niveau de la mise en scène. Même si l'on devine facilement que certains décors ne sont pas naturels, il n'en demeure pas moins que le réalisateur nous entraîne dans une véritable tragédie humaine en ne faisant aucune concession en matière de réalisme et de violence. Bien entendu nous connaissons John Wayne avec sa manière très réactionnaire voire nationaliste de traiter les sujets. Toutefois ce courant de pensée avec lequel on n' est pas obligé d'être d'accord dégage tout de même dans cette œuvre un goût de générosité et de solidarité entre ces combattants, ce qui leur permet de résister sans compter à un ennemi indomptable.
L'interprétation est magistrale grâce à un bouquet de stars tels que John Wayne lui-même campant un très motivant et convaincant David Crokett entouré de ses fidèles compagnons d'armes: Richard Widmark, Laurence Harvey, Jester Hairston et Richard Boone entre autre. Cette fresque est couronnée par la célèbre composition musicale de Dimitri Tiomkin.

Ce film est bien sûr l'un des plus grands westerns de l'histoire du cinéma mais il est avant tout une magnifique reconstitution à la façon John Wayne avec toutes ses idées ultra-patriotiques auxquelles il nous a habitués. C'est aussi un hymne bouleversant en l'honneur du courage et de la liberté ainsi qu'un trésor pour le septième art que je conseille vivement de posséder dans sa vidéothèque.

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