L'homme est un animal social

Avis sur Amours chiennes

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Je ne sais pas où j'étais ces dix huit dernières années, mais ce film m'était complètement passé sous le nez !! pshhht à la trappe !!. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais n'est ce pas ? Et j'ajouterai même que le "tard" était salutaire cette fois !
Il y a 18 ans de ça, je ne suis pas sûre que je l'aurais apprécié à sa juste valeur.

Ici, pas le temps de niaiser, une enfilade de scènes violentes et crues qui nous plongent au coeur de la vie de trois inconnus à l'instant précis où tout bascule à jamais pour eux : leurs vies passent d'exécrables à misérables. ET PAF !!! Dans vos gueules !! crevures !!
Et oui, Alejandro ne niaise pas je l'ai déjà dit... les pincettes il connait pas, c'est à la hache qu'il a taillé ses protagonistes : trois modèles d'égoïsme. Dieu que je les ai haïs ces trois connards !!! Certains plus que d'autres... il est vrai... (surtout un ! ) mais Alejandro a été assez équitable dans l'ensemble et je les ai tous détestés. Oui oui les trois !! Moi je suis comme ça, y'en a pour tout le monde !
Vous me direz quel est l'intérêt de regarder un film où les héros, pas un, mais les trois, nous font péter un plomb ?? C'est sans compter sur le fameux "Mais"...et oui, il y a un mais et c'est là que réside tout le génie : les trois F** ont chacun un chien, et c'est à travers cet amour inconditionnel qu'ils portent à leurs petits compagnons qu'une toute petite facette est révélée et l'empathie provoquée. Peut être même est-ce notre instinct (amour chienne quand tu nous tiens ) qui est titillé ?
Après tout, des êtres humains qui aiment les animaux ne peuvent pas être tout à fait mauvais ? Toujours est il que sans les petites boules de poils l'un ne serait qu'un paumé lorgnant sur la femme de son frère, l'autre une pétasse briseuse de ménage en manque d'amour paternel et le dernier un vulgaire tueur à gage qui a abandonné sa famille...Et pourtant ce n'est pas si simple...
Ils vivent leur amour égoïstement, sans lois, sans restriction, sans se brider ni se soucier des humains qu'ils blessent et piétinent autour d'eux au nom de cette passion qu'ils vivent comme une obsession et pourtant c'est cette même façon entière d'aimer que l'on trouve si pure et touchante avec leur animal de compagnie... Aristote estime que l'homme est un animal social et là on met le doigt sur toute la problématique du drame, gare à celui qui ne suit pas les codes.

C'est donc sur ce fragile équilibre amour/haine que l'on est maintenus tels des funambules vacillant entre colère et compréhension.
Et telle une cerise sur le gâteau, la fin est savoureuse, délice des délices, tel un bras vengeur le destin vient trancher pour nous, pour notre vindicte bien entamée, pour notre colère flageolante, pour le frère, pour la femme et ses deux enfants, pour la mère et la fille. Le sort est fixé. Les dés sont jetés. On ne récolte que ce qu'on sème, les trois vilains en prennent donc pour leur grade : jambe en moins, morve, solitude, désespoir... bref ...on a déjà dit qu'ici Alejandro ne faisait pas dans la dentelle ? Cependant, et c'est ce que j'aime dans ce film, on rééquilibre le tout et ainsi, même au plus noir de la nuit on ressent une forte note d'espoir : Octavio est jeune et même si tout s'écroule autour de lui, il a l'avenir devant lui pour rebondir ; même rudement éprouvé le couple semble rester uni pour surmonter l'épreuve ; et El Chivo même dans la solitude la plus totale est sorti de sa léthargie et commence une nouvelle page de sa vie.

Amours chiennes ou ceux qui aiment comme des animaux...

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    Cover Mais d'où ça sort ??????

    Mais d'où ça sort ??????

    Ces oeuvres originales et uniques qui laissent un sentiment particulier .... Ce petit quelque chose qu'on ne retrouve nulle part...

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