Conclusion

Avis sur Angélique et le Sultan

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Voici le dernier épisode de la saga et l'occasion déjà (!) de dire adieu aux aventures de la fameuse héroïne, la divine marquise délicieusement incarnée par la très belle Michèle Mercier dont nous n'oublierons jamais le port altier, la moue boudeuse, la chevelure fière et la taille de guêpe. Et ses cris d'effroi (?) et d'indignation qui nous feront toujours rire.

Car Michèle n'est et n'aura jamais été l'une de ces actrices au talent ancré et confirmé... elle est simplement magnifiée ici dans ce rôle qui lui semblait destiné, sa maladresse compensée par un charme et une grâce qui subjuguent littéralement.

Robert Hossein, au rôle finalement assez discret dans cette saga -bien qu'évidemment déterminant- n'aura pas démérité non plus ici et là au fil des épisodes en tant que beau ténébreux mais pas bellâtre, ni superficiel : il a su apporter le charisme nécessaire à son personnage opiniâtre, malin et passionné.

Bernard Borderie, le réalisateur des 5 films, doit naturellement être mentionné comme l'un des artisans majeurs de ce roman-feuilleton à nul autre pareil : sa mise en scène carrée, très classique mais rigoureuse constitue assurément un travail appliqué et dévoué.

Si cette critique ressemble à une remise de Césars, ne partez pas tout de suite, car oui, ce n'est pas fini...

Michel Magne, le musicien tout aussi dévoué aux oeuvres angéliqueniennes, a délivré avec constance une musique pleine d'emphase et de lyrisme : exagérée, excessive peut-être, romantissime sûrement : de beaux thèmes bien arrangés, assumés jusqu'au bout et décidément très personnels dans leur style.

Cela étant dit, il faut parler du film, lequel pour une conclusion ne se révèle pas à la hauteur de ce qu'on aurait pu espérer : il n'est pas le pire mais il n'est pas le meilleur non plus ! en vérité le scénario s'égare souvent à partir de la seconde moitié avec -encore !- un bellâtre balancé dans les pattes de la belle à l'insu de son plein gré (du plein gré de la belle).

Au lieu de monter parallèlement notre marquise dans le harem (en tout bien tout honneur...) avec son mari à sa poursuite (ce qui semblait plus logique pourtant) et d'alterner ainsi les deux avancées (de l'une et de l'autre), le film se focalise sur Angélique, perd beaucoup en rythme, se repose sur le bellâtre, puis fait ré-apparaître le mari sauveur.

Le passage aux Barbaresques est ainsi trop long et trop bavard, puis la fin abuse des raccourcis dont la saga est souvent coutumière. Heureusement, ça n'en est jamais au point de nous ennuyer comme le calamiteux second épisode (Merveilleuse Angélique), assommant à plus d'un titre. Il reste néanmoins de très belles images, une marquise toujours farouche et un face-à-face intéressant avec le sultan... et le fouet, bien que sensiblement édulcoré (le fouet...) et comme ce bon vieux marquis (de Sade) nous faisons la fine bouche à ce sujet.

Cette critique touche enfin (!) à sa fin ! elle se devait de récapituler la saga à la manière d'un hommage, une saga certes inégale mais étonnamment attachante, drôle à l'insu de son ignorance, dilettante et fleur bleue. Nous terminons donc avec un 6 mais qui vient du coeur, car nous restons faible devant la marquise à la beauté et l'élégance si françaises (sauf quand ses aventures sont complètement nazes bien sûr !).

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