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Apocalypto par limma

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Un grand film d'aventure plutôt qu'une étude de la civilisation Maya, Apocalypto traite de l’apocalypse, la fin du monde, celui des Mayas, en l'occurrence. Mel Gibson maîtrise sa mise en scène, le film bénéficie de plans énergiques et nerveux et la scène d’ouverture est puissante. Une très belle photographie par Dean Semler, (Danse avec les loups) et un chef décorateur confirmé (Thomas E. Sanders : "Dracula" de Coppola,"Crimson Peak" de Guillermo del Toro...) qui retranscrit parfaitement les décors, en passant par Richard Hansen, expert en civilisation maya. Une musique de James Horner complète la réussite.

Patte de Jaguar vit une existence heureuse perturbée par une violente invasion d'une autre tribu qui le capture après avoir saccagé son village et l'emmène pour l'offrir en sacrifice. L'amour qu'il porte à sa femme le verra s'échapper et se révéler face à l'oppresseur. La rencontre avec l'ennemi, la guerre, le sacrifice, le meurtre, la notion de peur, et de ce qu'elle peut engendrer de lutte ou au contraire de paralysie, pour notre héros qui devra apprendre à la surmonter pour vivre.
Les décors et paysages sont réussis, l'ambiance est sombre et réaliste et nous tient en haleine avec des moments de changement de rythme, de la violence à l'émotion. Le début du film nous plonge dans les us et les coutumes d'un peuple maya, en parfaite harmonie avec la nature. Pour ensuite se diriger dans le survival avec une scène de poursuite, particulièrement prenante, le film ne lésinera pas sur les scènes chocs. La nature est inquiétante, la menace vient de l'intérieur et facilitera ainsi la future conquête espagnole, et cette phrase d'introduction : "Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle est détruite de l’intérieur".

Mel Gibson, en profite pour mettre en avant notre propre violence sociétale et un soupçon d'environnement qui trouve son écho dans l'actualité. D'ailleurs, les mayas auraient fini par disparaître tant par la conquête espagnole que par une déforestation liée au besoin de chauffage du bois pour leur construction faite de stuc. Et si les sacrifices existaient l'auto-sacrifice aussi, le prêtre étant le garant de l'équilibre du cosmos, chacun contribué à donner une partie de son corps. On dénote donc quelques anachronismes. Lles mayas connaissaient l'astronomie et les éclipses, de fait, la peur qui en résulte ne parait pas crédible. Il ne faudrait donc pas prendre pour "argent comptant" ce qui est mis en avant ici, ce n'est d'ailleurs pas un documentaire, mais bien une fiction, à chacun de voir le film comme une déception ou au contraire de prendre plaisir à la magie du cinéma.
Un final pessimiste où l'éternel recommencement avant que le pire, par l'image des espagnols sur leur canots, ne soit à venir.
Tourné avec des acteurs non professionnels le film s'est déroulé au Mexique. Un vrai conteur maya, dans le rôle du sage, signale la volonté du metteur en scène de donner de l'authenticité à son métrage qui sera aussi, interprété en dialecte maya, le Yucatèque.
Le cinéma américain est souvent un cinéma teinté de religion et Mel Gisbson en profite pour appuyer sur les croyances d'un peuple par de multiples signes au détriment de plus de spiritualité peut-être (?).
Reste un film d'aventures réussi, qui dénote de ce que propose ce pays généralement.

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