Splendide !

Avis sur Au revoir là-haut

Avatar Monsieur_Scalp
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Un délice d'images. Un style de film qui n'est pas sans rappeler celui de Jean-Pierre Jeunet et l'on sent bien que Albert Dupontel est un bel admirateur des films de Charlie Chaplin que l'on distingue par les gestuelles de quelques acteurs, à fortiori au travers du rôle principal attribué à Nahuel Perez Biscayart mais également chez Dupontel lui-même.

Au-Revoir Là-Haut est une forme de procès cinématographique envers une partie de l'Histoire, comme le dénonce son réalisateur par quelques entretiens filmés vus sur le net, mais aussi une métaphore de ce que l'on voit de nos jours à travers des conflits dans le monde entier comme cela a pu être expliqué.

J'ignore ce qu'auraient pensé les derniers Poilus à la vue de cette comédie dramatique à l'esprit pamphlétaire. Et on pourrait considérer le personnage d'Edouard Péricourt comme un petit con provocateur tenant tête à son fortuné de père bien interprété par Niels Arestrup et refusant alité, de manière vive et comique, d'être 'réparé' par une clique de médecins chirurgiens dans l'hôpital. Mais ce serait négligé le flashback de cette nouvelle gueule cassée que l'on pourrait rapprocher, par son comportement et sa raison, du personnage de Chris Taylord joué par Charlie Sheen dans Platoon, un fils de riche ayant rejoint aussi les biffins dans la boue (mais vietnamienne celle-ci), faut-il imaginer, pour en revenir profondément brisé.

Réalisateur talentueux du film, Albert Dupontel campe aussi le rôle d'un soldat, Albert Maillard, un pauvre type ayant tout perdu à son retour de cette Sale Guerre : son emploi, sa fiancée, et s'ajoute à la liste des laissés pour compte réduits à errer ou à survivre par des petits boulots peu reluisants dans la société ancrée dans Les Années Folles naissantes. Il seconde à merveille le personnage d'Edouard Péricourt, lequel s'illustre artistiquement par ses masques comme une sorte de fantôme de l'opéra, manigançant une arnaque risquée de monuments aux morts envers les vivants, mais surtout envers des profiteurs de guerre comprenant le répugnant personnage du Lieutenant Pradelle, un bel enfoiré marchand de mort, sous les traits d'un Laurent Laffite qui se prête à merveille au rôle et véritable source du malheur de nos héros touchants autant que parfois minables dans quelques séquences. Nul n'est infaillible !

Un des plus beaux films, à l'effet d'un feu d'artifice un peu ironique et à voir de cette année 2017 !

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