Maman les p'tits avions.

Avis sur Aviator

Avatar Arthur Bobinna
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Au cœur du XXe siècle, l'Américain Howard Hugues se voue corps et âme à l'accomplissement de ses rêves de cinéaste et d'aviateur.

Casting XXL pour un film sur la démesure Américaine d'un homme tel que Martin Scorsese l'affectionne et que l'on retrouve tout au long de sa filmographie que se soit celle de Taxi Driver des gens ordinaires, celle de Casino dans la mafia ou plus récemment Le Loup de Wall Street dans le milieu de la finance.

Ici Martin Scorsese s'attaque à la démesure créatrice d'un homme animé par la volonté de modifier et faire bouger les choses au cinéma et dans l'aviation.
Howard Hugues est le fils d'une richissime famille qui a fait fortune dans l'outillage pétrolier.
Mais ces outils ne l'intéressent pas et sa réelle passion est la conception d'avions modernes.

Emmené par un Leonardo DiCaprio habité par le rôle de cet homme profondément torturé, le film déroule un biopic simple mais qui avance constamment.
En évitant les flashbacks, ou les sauts temporels; Martin Scorsese rend une copie pleine de sagesse et de sobriété.

Ici pas de trouvailles exceptionnelles techniques ou de dialogues mémorables mais un récit poignant et maitrisé par un réalisateur sur de son art, qui rappelle le plus récent J. Edgar de Clint Eastwood, ce dernier surement influencé par cet Aviator dans son approche du biopic quasiment documentaire dans les grandes lignes, et pourtant remarquablement scénarisé pour son adaptation a l'écran.

Une forme harmonieuse entre renseigner et divertir le public.
Car ici on flatte pas le spectateur par des grandes phrases démagogiques mais on ne le prend pas non plus pour un idiot.
Le personnage de Howard Hugues est a la fois insupportable par ses excès et son instabilité mental, et pourtant génial dans son approche de la création et de l'ambition. Car Howard Hugues est un personnage entier, milliardaire de naissance et pourtant extrêmement sensible et mal a l'aise face au monde extérieur.

Si le film se concentre sur ce personnage, Martin Scorsese ne se prive pas de faire passer ses idées sur le monde des médias, les lobbys commerciaux et les liens étroits entre politiques et grand dirigeants dans la course a l'aviation civile et militaire.
Et s'il pointe du doigt les dépenses inutiles, il met surtout en lumière contrairement aux idées démagogiques répandues que les dépenses ne se mesurent pas en livraison mais en volonté d'avancement et que parfois certains développement qui paraissent démesurés ou inopérants sont pourtant nécessaires au progrès et ce quel que soit les domaines.
Cependant ils reposent évidemment sur le facteurs humains de ceux qui ont les clefs de ces développement et que la frontière entre gaspillage et prouesse est parfois infime ou dépendante d'un résultat concret.

Il en est de même pour son personnage central, qui fait plus que flirté avec la folie sans que l'on puisse remettre en cause son génie. Mais la aussi la frontière entre sérieux et mégalomanie est infime. Cependant ce que Martin Scorsese essaye de nous montrer c'est que cette folie et cette démesure est un mal nécessaire au progrès et aux bonds technologiques, tant qu'il n'est pas la norme.

Aviator est un film de très bonne facture, joué par de grands acteurs, bien filmé et accompagné d'une très belle musique de Howard Shore.
Pas le meilleur Scorsese, ni le plus ambitieux, mais très agréable et bien au dessus de la plupart des biopic ou des films grand public habituels.

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