Le bleu, le rouge. Le Mystère.

Avis sur Azur et Asmar

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"Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats."
Marcel Proust

Azur et Asmar, le premier film que j'ai vu au cinéma ?
Azur et Asmar, pour moi ce n'est plus un film.
C'est d'abord une expérience, l'expérience sociale d'être pour la première fois totalement spectateur, d'être l'acteur immobile d'une aventure extraordinaire, d'être actif tout en étant silencieux par tous mes languages, sauf mon Regard grand-ouvert et mon Écoute distraite.

C'est un film marquant au delà de l'intrigue, au delà des dialogues, dont il ne me reste plus que quelques images, quelques impressions et surtout des émotions, légères mais si nouvelles.

Ce sont les couleurs, le rouge du lion, ce lion dont demeure seul la majesté, l'ampleur. C'est Crapouille (Crapouille ?), personnage marquant s'il en est, repoussant mais si comique, qui dans ses moments les plus adultes, à travers ses révélations intimes, ses yeux bleus cachés, paraissait étranger aux enfants que nous étions, presque irréel dans son humanité.

Comme ces moments "d'enfance", Azur et Asmar abrités de la pluie battante sous une charrette, dans le vert sombre d'un pré, ces scènes qui revenaient sur une vie quotidienne morose, comme la tentative d'adultes alienés, dépeignant arbitrairement un monde dont ils sont devenus étrangers, et qu'ils aiment désormais sans connaître, et sans pouvoir lui communiquer.

Azur et Asmar, c'est cette scène finale, ce mystère des deux portes, énigme à la logique étrange, mais baignée de peur par l'inconnu qui l'entourait comme le noir autour des deux seuils.
C'est cette résolution, étrange encore, où des personnages sortis de nulle part se marient (?) avec nos héros tant aimés, pour danser dans une jolie salle, si belle malgré son vide d'affection.

Cette fin, c'est la manifestation superficielle d'une réalité pour nous inconnue, ou du moins théorique, celle du couple, et la résolution du thème principal, celui de la tolérance, qui ne réussit pas à s'imprimer dans nos inconscients au-delà de l'absurde, l'absurde de ces règles que se fixent les adultes, ces règles de la couleur de peau, de la couleur des yeux, de l'origine, et qui rentrent en contradiction avec les règles que nous connaissions déjà, celles de l'attachement et celle de la beauté.

Ce film, s'il n'est peut être pas mon premier film au cinéma, - quelle importance ? - est bien le film qui a marqué en tout premier mon rapport au cinéma, aux couleurs, au rêve et au réel, à l'amour et a la beauté, et à la transmission.

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