Un Kirikou blond aux yeux bleus en voyage au Maghreb

Avis sur Azur et Asmar

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C'est dans le cadre du Partage de films d’avril 2016 (http://www.senscritique.com/liste/Partage_de_films_edition_avril_2016/1265612) qu’il m’est proposé de visionner Azur et Asmar. Ni une, ni deux, je me jette sur mon clavier et c’est parti pour une aventure moyenâgeuse.

Après le succès que fut Kirikou et la sorcière en 1998, et d’autres films que je n’ai pas vu entre deux, Michel Ocelot remet le couvert avec un nouveau long métrage d’animation, basé sur la fraternité entre deux garçons élevés par la même femme, mère de l’un et nourrice de l’autre. Ce sont Azur et Asmar, respectivement fils et enfant sous la garde de la nourrice Jenane, qui représentent une dualité visible tout au long de ce long métrage sur de nombreux points : ils sont deux garçons, opposés par leur langue maternelle, ne partageant pas la même religion ni la même culture. Et pourtant cette dualité disparait par la présence douce et rassurante de Jenane. Cette fraternité est un élément moteur de l’histoire, car elle résistera aux aléas de la vie, que ce soit la séparation des deux enfants ou la rigidité supposée d’Asmar après son retour au Maghreb.

C’est une histoire sentimentale et fraternelle que nous conte Ocelot, mais elle touche également l’esthétique d’une manière tout à fait intéressante. Jouant sur une autre dualité dans les paysages dessinés et les personnages de synthèse - qui pour ma part nuisent totalement à l’esthétique globale en gâchant la beauté naturelle des paysages - il nous présente la découverte de ce monde inconnu par Azur, également retrouvé dans l’architecture imposante tant par le travail du détail que par l’utilisation de couleurs flamboyantes maitrisée. C’est cette différence continuellement mise en avant par le personnage de Crapoux qui rappelle que la diversité naturelle est visible dans la couleur de peau mais surtout dans les paysages typiques d’orient ou d’occident, et cela remet une nouvelle fois en avant l’idée du respect de la diversité et de l’Autre.

Un autre thème également présent dans ce long métrage et qui a une place capitale dans le déroulement se retrouve dans la découverte du monde par les cinq sens. C’est en usant des cinq sens que la nature lui a donné qu’Azur réussira à trouver ce qu’il cherche dans sa quête. Les trois sens que sont l’odorat, la vue et le toucher sont utilisés par Azur lorsqu’il se fait passer pour aveugle, découvrant qu’il est possible de voir sans la vue, en se basant sur le touché et l’odorat pour essayer de s’orienter. Le goût lui sert lors de ses découvertes culinaires après être arrivé au Maghreb, et enfin l’ouïe qu’il utilise lors de l’écoute des ballades ou des traditions orales, dont l’importance se fait sentir car sans l’intervention des contes et superstitions, Azur n’aurait pas réalisé cette quête et n’aurait pas été stigmatisé pour la couleur de ses yeux.

Je trouvais important de terminer sur un point qui m’a troublé dès le départ : la ressemblance avec Kirikou. Ocelot a réalisé un magnifique long métrage dans lequel on assiste à des similitudes intrigantes, parfois proches de la copie. Je parle des paysages tels que les palmiers, ou encore les Djinns qui ressemblent fortement aux fétiches de Karaba. Mais cela se perçoit également dans l’histoire. Comme Kirikou, Azur durant sa quête passe dans un tunnel, il est fait mention d’un oiseau comme pour Kirikou, il lui est nécessaire de passer une montagne et dans la grotte finale se situe l’objet de sa quête.

Tous ces éléments font de ce long métrage un plaisir visuel et sonore, une (re)découverte de l’altérité des paysages et cultures qui devrait, à mon humble avis, être plus régulièrement mis en valeur dans le cinéma car c’est un sujet qui reste d’actualité.

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