La bienveillance d'un artiste

Avis sur Banlieusards

Avatar Rod Vid
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Chers amis, je ne serais peut-être pas quelqu'un d'objectif concernant ce film, mais ce qui est sur c'est que la justesse de Banlieusards m'aura touché, et que ces qualités sont indéniables. Le jeune adolescent en moi, celui qui a grandi avec les albums de Kery James, sera sûrement celui qui me fera parler avec le cœur. Car si je ne devais retenir qu'un artiste, ce serait bien le poète noir, celui qui m'a aidé par ses textes lorsque j'était en difficulté et celui qui m'a soutenu par ses mots lorsque j'était triste.

Mais alors Banlieusards de quoi ça parle ? Et bien il s'agit de l'exact opposé de ce que pourrait raconter les textes des rappeurs d'aujourd'hui. C'est un film qui souhaite montrer que non la banlieue, ce n'est pas toujours cool, et que non, les armes, la drogue et l'argent ne mènent pas a une réussite totale, mais à une simple sensation éphémère d'être au dessus de tout. Je trouve vraiment que l'oeuvre parvient à être vraiment juste et à ne rien diaboliser : A l'image du concours d'éloquence, on pourra autant parler de la responsabilité de l'État que de l'inverse, en montrant bien qu'il est trop facile de mettre tout sur le dos du gouvernement. Banlieusards est un long-métrage bienveillant qui cherche à pousser les personnes dans la misère sociale à se lever et a marcher vers une réussite durable et dans lequel nous pouvons trouver une réel fierté dans ce que l'on réussit à bâtir.

En tant que travailleur social en formation, j'y trouve donc un réel écho et beaucoup de sens. C'est avec plaisir que j'ai pu regarder Banlieusards, car il est représente ce que j'aime dans le cinéma français avec lequel je suis bien souvent insensible. Quand une oeuvre de l'octogone parvient à me toucher, j'en suis d'autant plus content car ces rares fois, ce qu'elle raconte me concerne et me fait réfléchir sur ce qui m'entoure. Après tout, le cinéma américain, autant me plait-il, ne parlera jamais de ce qui se passe dans les rues ou les villes à côté de chez moi, et lorsqu'un long-métrage parvient à le faire avec talent et sans stéréotypes ou autres histoires mielleuses, c'est assez rares pour le relever.

Plus concrètement, parlons du casting et autant dire que Leila Sy et Kery James sont allés recruter des interprètes talentueux. Jammeh Diagana et Chloé Jouannet, qui joue respectivement Soulaymaan et Lisa, sont tout deux de vrai révélations, et on sent à quel point ils mettent du cœur à l'oeuvre. Et puis bien sûr, c'est un réel plaisir pour moi de découvrir Kery James en tant qu'acteur et de le voir à l'image en train de prendre du plaisir à se lancer dans une aventure cinématographique.

Enfin, le scénario est quand à lui assez simple sur le papier mais relativement bien écrit. La narration se suit avec une grande fluidité et il est assez simple de s'attacher aux personnages. Il suffira aux spectateurs de comprendre ne serait-ce qu'un peu les enjeux et les messages que veut faire transparaître le film et il n'en faudra surement pas beaucoup plus pour se laisser porter par le récit.

En conclusion, Banlieusards aura été une très agréable surprise pour moi. Même si je savais que voir Kery James à l'écran me ferait plaisir, je n'aurais pas pensé être autant investi dans l'histoire et y sentir une telle justesse. Rajoutons à cela les quelques chansons assez discrète du rappeur mélancolique que l'on peut parfois entendre et j'ai ici un film qui m'aura personnellement beaucoup plu. Netflix, si vous continué à financer des films français aussi bon, je signe de suite !

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