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Barberousse par Maqroll

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Le dernier film en noir et blanc de Kurosawa, le dernier également d’une longue série avec son acteur fétiche, Toshiro Mifune, qui joue ici le rôle titre. Dans un dispensaire de campagne, le terrible Barberousse, médecin atypique, bourru et sans scrupules mais rempli de compassion pour ses semblables, prodigue ses soins gratuitement (à l’aide d’une faible subvention de l’État) aux pauvres et aux indigents. Yasumoto, tout frais émoulu de la Faculté et empli d’un orgueil de jeune coq, est nommé malgré lui pour venir assister cet homme terrible dans ce lieu qui le rebute. D’abord résistant puis passif, il finira par devenir le double du maître et son successeur désigné. À travers ce film-fleuve, Kurosawa nous conte bien sûr l’histoire d’un homme et de ses convictions, avec son génie et sa passion. Mais, compliquant la trame de sa narration, il y intercale (à la fin du premier tiers du film) un récit, confession d’un mourant au jeune médecin, qui va achever de le faire passer du côté des « Humiliés et offensés ». Car c’est une fois de plus (cf. L’Idiot) du côté de Dostoïevski qu’il faut chercher les références principales, Dostoïevski, cet autre passionné des « pauvres gens » (titre de son premier roman) auquel le maître japonais emprunte un épisode (d’Humiliés et offensés justement), celui de cette petite fille sauvée des affres de la prostitution et qui va aider elle aussi le jeune docteur à trouver sa voie. Contrairement au roman toutefois, l’épisode ne connaît pas de fin tragique ici et le film s’achève métaphoriquement au détour d’un chemin certes montant en pente rude mais baigné de lumière. Un grand film de plus dans l’œuvre d’un des plus grands génies de l’histoire du septième art.

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