Bienvenue chez Aldous

Avis sur Bienvenue à Gattaca

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Depuis le temps que je voulais voir ce film ! Etant archi-fan des œuvres dystopiques, quelles soient littéraires comme 1984 ou Le meilleur des Mondes, ou cinématographiques comme Blade Runner et Soleil Vert.
Je me suis donc intéressé de près à ce Bienvenue à Gattaca, dont plusieurs de mes amis me disaient le plus grand bien. Quand l’occasion de son visionnage s’est présentée j’ai sauté dessus sans me faire presser !
Je m’installe donc avec une attente assez importante à assouvir avant le visionnage.

C’est le réalisateur Néozélandais Andrew Niccol qui a réalisé Bienvenue à Gattaca, long métrage de science-fiction sorti en 1998. Réalisateur qui ne fait pas partie des « plus grands » mais qui a un autre "bon" film à son actif, Lord of War avec Nicolas Cage. Mais comme beaucoup, Niccol à sa part d’ombre, et celle-ci est tout de même importante, il s’agit de la réalisation des Ames vagabondes, oui, c’est dur à entendre mais il me fallait le dire.
On trouve quelques têtes d’affiche connues dans Bienvenu à Gattaca, avec Jude Law, Uma Thurman et Ethan Hawke dans le rôle principal.

Pour ce qui est du scénario, par cause d’une flemme monumentale je vous met un petit topo que j’ai trouvé : "Dans un monde parfait, Gattaca est un centre d'études et de recherches spatiales pour des jeunes gens au patrimoine génétique impeccable. Jérôme, candidat idéal, voit sa vie détruite par un accident tandis que Vincent, enfant naturel, rêve de partir pour l'espace. Chacun des deux va permettre à l'autre d'obtenir ce qu'il souhaite en déjouant les lois de Gattaca."

Un univers de toute beauté
Ce qui fait véritablement la force du film est son univers dystopique vraiment marquant. Nous sommes frappés d’entrée, si on a lu le livre, de l’influence du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley ! On se croirait entrer dans le fameux Centre d’Incubation et de conditionnement de Londres-Centre comme dans le roman !
Le film pose ainsi de nombreuses questions sur l’individu, sa naissance, son avenir, son libre arbitre, sa place dans la société, son apparence…
Dans Bienvenue à Gattaca comme dans le meilleur des mondes la place de chaque humain est déterminée à l’avance, dès la naissance même. Une société de classe telle que Marx en ferait des cauchemars constamment ! Ainsi chaque individu selon ses gênes, ses « capacités » se voit confier une place dans la société de laquelle il ne peut guère bouger, ainsi dans le film les scientifiques qui font partis de l’élites et les individus moins bien dotés qui exercent des professions subalternes comme agents d’entretien.
En clair il n’y a pas (théoriquement) d’ascension sociale et son contraire dans cette société. L’idée qu’une personne s’est ainsi affranchie de sa condition déterminée apparaît donc pour beaucoup comme une chose impensable. On retrouve alors en moins développé les différents groupes sociaux du meilleur des mondes, entre les Alpha, les Béta, Epsilon…
On observe aussi dans le film ce que j’appelle « l’enfant Ikéa », un bébé à assembler, à choisir, à construire selon ses envies. On voit ça lors de la naissance du frère de Vincent, ses parents choisissant les gênes du futur bébé pour qu’il soit « parfait », sans risques de problèmes physiques ou mentaux… Ce qui sera "bientôt" le cas pour les riches, vous verrez ...
On va ainsi arriver à une société de gens semblables, tous constitués de la même façon.
Le film insiste de plus beaucoup sur la déshumanisation de l’individu. On voit notamment cet aspect lors des différents contrôles de sécurité à base de prise de sang, d’urine ou encore à travers la traque de Vincent dont la photo est diffusée dans le centre mais personne ne semble alors le reconnaître. Ainsi on ne reconnait pas un individu par son physique mais par ses gênes et sa constitution. C’est comme si l’apparence charnelle n’avait plus d’importance, quelle n’était qu’une couverture, un socle nécessaire à la véritable apparence de l’individu, sa composition génitale.
Même dans cet univers d’apparence parfaite mais qui cache derrière cette fine couche de subterfuge une société très malsaine, le film nous donne tout de même un message d’espoir à la fin, comme si il y aura toujours une personne pour braver les interdits, les préjugés et les statuts.

Au niveau de la réalisation rien de très magnifique ou de transcendant, c’est je dirais simple mais efficace. Ça fait bizarre surtout après avoir vu un film comme Only God Forgives ! (bon maintenant je ne dirais pas ça ...)
Par contre la réalisation retranscrit parfaitement l’ambiance froide du background du film.

Le véritable point faible du film est en fait le déroulement de son scénario, qui ne prend véritablement jamais son envol. Certes il y a une sorte de petite tension sur le fait si oui ou non Vincent va se faire découvrir, mais à part ça…
En plus les deux gros twists du film sont aussi amenés avec tout de même des gros sabots, et personnellement j’ai su ce qui allait se passer avant de voir ceux-ci se dérouler à l’écran.
De même l’histoire avec son frère, qui n’a pas su s’élever et qui voit son frère promit à une destinée plus faible lui passer devant et s’élever dans la société ce qui le rend jaloux… oui d’accord, c’est très bien mais encore une fois mal exploité.

En étant tatillon (à tort ?) on pourrait reprocher au film un certain classicisme dans le sens où son univers a été en grande partie abordé 80 ans plus tôt, donc pour la fraîcheur originale le film pourrait se rhabiller. Mais dans l’autre sens on peut relever le fait qu’en matière de création cinématographique il est original, car à ma connaissance il n’y a pas de films qui abordent les questions et les thèmes mis en avant dans le film.
Un bon film de Science-Fiction, qui aurait pu être un chef d’œuvre pour moi, mais qui reste à son statut d’œuvre à voir par la faute d’une trame plutôt quelconque.
Mais on reparlera encore plus de ce film plus tard, comme Blade Runner, car ses thèmes sur l’humanité seront mis en avant de plus en plus souvent au fil des années …

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