Fermez les yeux…enfin sauf pour regarder ce film

Avis sur Bird Box

Avatar Jay77
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Le chat noir collant aux basques de Sandra Bullock dans Gravity, ne l'a finalement pas quitté. Cinq ans après en avoir bavé dans l'espace, Netflix plonge Sandra Bullock en plein cœur d'un survival apocalyptique où des créatures invisibles ont pris le contrôle de l'humanité, poussant les humains au suicide. A toi qui aime les films d’horreurs réalistes te rendant parano, Netflix t’invite à regarder, si tu l’oses : Bird Box.

Suivez le parcours chaotique de Malorie

Survival horror adapté du roman éponyme de Josh Malerman, Bird Box va ou vous rendre parano, ou vous pousser à changer de comportement. Avant de vous parler du film, soyons le clair, son but n'est pas de vous révéler la vérité sur cette entité poussant les humains au suicide. Clairement, ce film à pour but de faire évoluer son personnage principal et faire réfléchir sur son titre, cette cage renfermant des perruches trimbalées par Sandra Bullock du début jusqu’à la fin du film. Métaphorique, cette cage symbolisant nos maisons, et ses oiseaux nous symbolisant, nous montrant que la peur nous isole de plus en plus du reste du monde. Avec tout ce qu'il ce passe depuis des années, Bird Box arrive à point nommée. Le film nous pousse à nous rassembler, à échanger, à nous aider les uns les autres et sortir de cette solitude. Joli message humaniste que Bird Box nous délivre.

Si vous pensiez que le reste ne serait que classique, détrompez-vous. Sur la forme, oui, Bird Box parait classique, sur le fond, il ne l’est pas. En 2heures, cette œuvre nous racontera une histoire plus optimiste qu'elle en a l'air. Apprendre à avoir la foi, apprendre à garder espoir, sans parler de religion, Bird Box parle de foi en soi, foi en l'avenir. Ca ne vous rappelle pas la psychologie du personnage de Ryan Stone, interprété là aussi par Sandra Bullock?

Et oui, sous ses airs de survival horror classique incluant un scénario simpliste ce cache une étude psychologique très poussée sur cette femme enceinte vivant de nombreuses expériences traumatisantes (cf la scène choc de l’émeute en début de film), qui l'aideront à briser la carapace qu'elle c'est forgée. Enfin une femme enceinte qu’on ne réduit pas à être placée au fond du groupe. Malorie est une femme dure, ça on nous le montre dès les premières minutes. C'est en échangeant avec une autre femme enceinte rencontrée au cours de ses mésaventures que notre héroine va évoluer.

Le contraste entre Malorie et Olympia, la jeune femme enceinte est saisissant. L'une est dure, l'autre est douce. Bien entendu, avec ces allers-retours, passé, présent, on se doute de ce qui arrivera à Olympia. Et pourtant, ce n'est pas ce qui cassera les surprises de ce film. Malorie, malgré son caractère dur mais bienveillant, malgré le fait qu’elle refuse de s’attacher à ses enfants qu’elle nommera « garçon » et « fille », on s’y attache parce qu’on sait qu’elle souffre, qu’elle est terrifiée à l’idée de perdre ses proches.

Vous allez devoir être très attentif. Si vous entendez quelque chose
dans la forêt, vous me le dites. Si vous entendez quelque chose dans
l’eau vous me le dite. Mais vous ne devez en aucun cas enlever les
bandeaux des yeux. Si vous regardez, vous mourrez ! Est-ce que tout
est clair ?!

N’allez pas dehors !

Survival horror oblige, le coté survival répond logiquement présent (ba oui sinon on l’appellerait pas « survival horror »). Hormis la séquence choc du début, pas tant de violence et de scènes gore. Tout est pratiquement suggéré. Problème, vu tous les films sortis les années précédentes, le sentiment de déjà vu, la comparaison, Bird Box en souffrira. Une entité invisible prend la forme de vos peurs les plus profondes, une entité dont la seule représentation physique est un gros coup de vent emportant des feuilles d’arbres. Ca ne vous rappelle pas un certain « Phénomènes » ? Le film le plus détesté des œuvres d’M.Night Shyamalan ?

Qu’on se le dise, Bird Box, rappelle ces films : The mist, le jeu Last of us, ou bien encore L’armée des morts, pour leur coté claustrophobique/dramatique/horrifique vous faisant naviguer entre scènes de survie, moments intimes dans un groupe de survivants, disputes/mauvaises décisions à cause des plus peureux et orgueilleux, et scènes d’action. Rien de bien original à l’horizon. Sauf qu’on a Sandra Bullock, John Malkovich, et Trevante Rhodes dans le casting, que certains personnages secondaires sont attachants, que les deux gosses ne sont pas exaspérants et têtes à claques, que les moments posés sont intéressants, et que le concept, il est plutôt pas mal dans son genre, bien plus fascinant et soigné que « Phénomènes ».

Bird Box surprend là où on ne l’attendait pas. C’est l’importance des personnages rencontrés au cours de l’histoire (Tom et Olympia en tête de liste) qui donne tout son intérêt au film. En effet, le concept, certes original, dans le ton de Sans bruit, n’arrive pas à s’empêcher de nous offrir des scènes vues et revues. Toutefois, surprise dans les dernières minutes, Bird Box nous donne une sacré leçon, nous montrant que notre jugement été faussé. Derrière cette narration et ces séquences classiques ce cachait quelque chose de touchant. Les 2heures04 de film, on ne les a pas perdues. Bien au contraire.

Le monde doit ouvrir les yeux. Faut les ouvrir maintenant.

Au final, mélancolique, intense, poétique, philosophique, psychologique, angoissant à 100% (les parents comprendront), bouleversant et prenant malgré son aspect classique, Bird Box offre une jolie performance à Sandra Bullock et l’attachant protecteur Trevante Rhodes, tout en proposant une nouvelle expérience cinématographique. A ceux qui ont aimé Sans un bruit, à ceux qui aiment les films horrifiques cachant un message derrière leurs histoires, aux amoureux de la nouvelle Sandra Bullock Bad ass et courageuse, cette œuvre est pour vous.

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