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Un film culte
« Casablanca » ! La capitale économique du Maroc aura servi le temps d'un film de décor à l'un des plus grands films de l'âge d'or hollywoodien (recrée en studios bien évidemment !).
Succès critique et public à sa sortie, « Casablanca » ne sera pourtant considéré comme un classique que dans les années 70. Peut-être fallait-il le temps d'en digérer sa substantielle moelle ? Car derrière ses allures de film romantique, « Casablanca » est surtout un film politiquement engagé, ouvertement outil de propagande allié.
Régulièrement cité comme un des meilleurs films américains de l'histoire du cinéma (généralement, en deuxième position après « Citizen Kane »), « Casablanca » est selon les analystes un cas à part. Certains soulignent que malgré les défauts dont auraient pu pâtir le film (mauvais effets spéciaux, personnalités auxquelles on ne s'attache pas, coups de théâtre invraisemblables...), jamais aucun propos négatif n'est tenu à son encontre. Le film séduit car le message l'emporte sur les imperfections. Réalisé en 1942, Michael Curtiz signe un film quasi prophétique. S'il débute son film sur une affiche de Pétain, il le finit sur une bouteille de Vichy à la poubelle, prédisant la future chute du régime nazi, trois ans à l'avance.

Un tournage difficile
Tiré d'une obscure pièce de théâtre « Everybody comes to Rick », « Casablanca » a bien eu du mal à voir le jour. Les scénaristes ont hésité jusqu'à la fin. Fallait-il mettre en avant l'amour que se partagent Rick et Ilsa ou la lutte contre l'oppression ? Les ultimes lignes du scénario n'étant écrites que le dernier jour de tournage, les acteurs durent jouer tout du long sans connaître la destinée de leurs personnages. Ce qui aurait pu achever le film le rend finalement plus subtil. Les acteurs dans le flou nuancent leur jeu. Humphrey Bogart trouve le rôle de sa vie. On se passionne pour Paul Henreid, froid et sobre dans la peau de ce Jean Moulin venu de l'Est. Même Ingrid Bergman ne tombe pas dans la dramaturgie.
Ajouté à cela des problèmes techniques qui alimentent la légende (Borgart devait jouer sur un tabouret étant plus petit qu'Ingrid Bergman ; les techniciens qu'on voit évoluer autour de l'avion lors de la scène finale sont en réalité des hommes de petite taille, l'appareil étant un miniature...), et vous obtenez, un petit miracle.

Michael Curtiz nargue Hitler
Tourné en studios dans un Casablanca quelque peu caricatural, le casting est pourtant à l'image de la ville, cosmopolite. En effet, Bogart est un peu près le seul Américain présent dans ce film hollywoodien. Si tout le monde sait que Bergman est originaire de Suède, peu savent que Paul Henreid est natif d'Autriche, Peter Lorre, de Slovaquie et Claude Rains, d'Angleterre. En ce qui concerne le réalisateur, il vient lui, de Hongrie. Curtiz, dès le choix de la distribution réalise un véritable pied de nez au régime nazi, préférant le melting-pot à l'homogénéité physique et culturelle. Quand on sait que plusieurs nazis du film sont interprétés par des acteurs juifs, les idées résistantes du cinéaste ne font plus aucun doute.
Mais c'est en chanson que ce dernier parviendra véritablement à railler le IIIe Reich. Atterré d'entendre un hymne nazi en territoire libre, Victor Lazlo finit par diriger l'orchestre du club pour chanter la Marseillaise. Les figurants, pour la plupart de réels réfugiés européens en pleurent d'émotion, le spectateur également. Curtiz réussit l'exploit de transfigurer notre hymne national. Il est à cet instant, non plus français mais international. Il aura fallu qu'Hollywood s'en empare pour qu'on puisse redécouvrir le sens réel de ce chant, guerrier certes, mais porteur de toutes les résistances.
ScreenReview
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