Un nouvel espoir

Avis sur César

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Incontestablement César est le maillon faible d'une trilogie qui ne devait pas exister. C'est seulement après le succès de Marius que Pagnol se lança dans cette grande aventure, cependant la série s'essouffle, les thèmes peinent à se renouveler et le scénario, écrit presque à la va-vite, donne l'impression d'un film bâclé.

Pagnol aura beau donner beaucoup de lui-même pour tenter de relancer l'intrigue ou renouveler les personnages, rien n'a faire, César semble être une redite des films précédents. Pour contrer l'impression de théâtre filmé, il va multiplier les décors, sortir dans la rue pour s'immerger dans la foule ou filmer la côte sous toutes les coutures ; la réalisation semble plus légère, on sort du Bar de la Marine, on prend l'air, on respire et ça fait du bien.
Pour tenter de relancer l'histoire, on voit débarquer un nouveau personnage, Césariot interprété par André Fouché . Malheureusement ce personnage tout beau, tout propre, bien élevé, apparaît bien trop lisse et trop gentillet pour apporter un peu de sel à une intrigue qui a bien du mal à prendre. Ce n'est pas le faux suspense autour des retrouvailles entre Césariot et Marius qui va changer la donne ! Pagnol aura beau faire son possible pour l'entretenir avec une histoire de quiproquos et de pseudo trafique, le spectateur ne marche pas et le happy end apparaît inévitable.

Ce qui intéresse Pagnol, c'est surtout de terminer élégamment sa série et permettre au spectateur de faire ses adieux à des personnages pour lesquels il s'est sacrément pris d'affection. Même si l'humour reste toujours présent, c'est surtout un sentiment de nostalgie qui prédomine, la scène la plus représentative demeure celle de la partie de cartes qui se rejoue sans Panisse où l'humour laisse la place à une émotion contenue, parfaitement résumé par les vers de Sully Prudhomme que prononce M. Brun :

' c'est aux premiers regards portés

en famille autour de la table
sur les sièges plus écartés
que se fait l'adieu véritable

Sans être grandiose ce film clôture de la plus belle des manières cette trilogie, bien sûr on peut regretter les quelques passages où le pathos prédomine mais cela ne doit pas faire oublier le génie de Pagnol d'avoir su traiter, avec humour et légèreté, des sujets aussi graves que la paternité ou l'honneur. Il a aussi le mérite de nous avoir fait vivre ces histoires en évitant le manichéisme et c'est pour ça que son univers nous touche autant ! Ici, il n'y a pas de bons ou de mauvais, juste des hommes et des femmes qui nous ressemblent avec leurs qualités et leurs défauts. Comme pour bien nous le rappeler, Pagnol clôture son film avec le « plaidoyer » de Marius le bannit, un moment d'une rare justesse, à l'image de cette trilogie.

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