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Cuban Network par Nielk

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Nous sommes nombreux à nous sentir concernés ou à nourrir de l'intérêt pour ce qui se passe ailleurs ou ce qui s'est passé il y a plus longtemps, que ce soit par pur cosmopolitisme ou en raison d'un internationalisme chevillé au corps. Le passé éclaire le présent et permet d'appréhender l'avenir. Nous savons également que les évènements qui se passent ailleurs finissent tôt ou tard par avoir une répercussion chez nous.

Cuba était le fief de la mafia nord-américaine qui avait transformé l'île en un immense casino et en un lupanar à ciel ouvert. Le jeu était complété par toutes les activités illicites possibles, du trafic de cocaïne à la prostitution, en passant par le blanchiment de fortunes d'origine douteuse. La paix des affaires était garantie par Fulgencio Batista qui s'était hissé et maintenu au pouvoir avec l'aide de la CIA et de cosa nostra. En 1959, Batista est renversé par Fidel Castro et contraint de s'enfuir en Floride avec ses acolytes. La Floride, et plus particulièrement Miami, deviendront le lieu d'accueil de plusieurs centaines de milliers de cubains qui choisissent l'exil dans les années qui suivirent.

Très rapidement, J.F. Kennedy a mis en place un blocus économique pour isoler et tenter d'abattre le nouveau régime, avec l'aide de ceux, qui sous le couvert de vertus politiques, n'avaient qu'une idée en tête reprendre leurs activités lucratives à La Havane. La collusion entre les tenants de la guerre froide et la mafia étaient manifestes et, dans ce « panier à crabes », trafiquants de toutes sortes, aventuriers et mercenaires jetaient un voile trouble sur les activités d'opposants politiques peut-être plus respectables.

Les péripéties racontées dans le film Cuban Network de Olivier Assayas se déroulent entre La Havane et Miami. Film à dimension historique, quand il retrace l'activité d'une poignée d'hommes ayant pour mission d'infiltrer le milieu des activistes anti-Castro qui pullulent en Floride et commanditent des actions terroristes dans l'île. Film à caractère politique qui se situe à la fin de la guerre froide. Il montre l'interpénétration de la politique et du gangstérisme pur ainsi que le jeu trouble du FBI. Ce sont surtout les trafiquants de stupéfiants qui sont à la manœuvre et la police fédérale est plus préoccupée par démasquer les espions de La Havane que ceux qui trafiquent dans la cocaïne colombienne de la main droite et organise des attentats à Cuba de la main gauche.

Les évènements rapportés dans Cuban Network se situent plutôt dans les années 90, quand Havana de Sydney Pollack se situe avant le renversement de Batista par Fidel Castro et Cuba de Richard Lester plutôt au moment où ce dernier prépare sa prise de pouvoir. La relation difficile, que les Etats-Unis entretenaient et entretiennent toujours avec Cuba, a marqué tous les esprits. Elle est présente simplement de manière allusive ou parfois en abordant un point précis dans JFK de Oliver Stone et Le Parrain 2 de Francis Ford Coppola. Cuba et la révolution castriste susciteront une abondante littérature politique dont un très long entretien avec Fidel Castro publié dans Les guérilleros au pouvoir de K.S. Karol en 1970.

Comme il en est souvent de beaucoup de films à caractère politique, ils ne sont pleinement compréhensibles par le spectateur que s'ils sont contextualisés. C'est ce que j'aurai modestement contribué à faire dans cette présentation. J'ai personnellement apprécié le travail de Olivier Assayas et été sensible au personnage féminin interprété par Penélope Cruz qui découvre que son mari, qui passait pour un traitre à sa patrie, était en fait partie en mission pour son pays.

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