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Danse avec les loups par limma

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Danse avec les loups conserve toute sa poésie et ses envolées lyriques. Même si après le second visionnage l’histoire d’amour semble facile (une femme blanche recueillie par la tribu qui amènera notre soldat à tout quitter) ou encore la description peu réjouissante de l’homme américain peut-être trop grossière malgré la volonté évidente de Costner à revaloriser les minorités. De même le conflit Nord/Sud permet de parfaire le thème mais reste peu détaillé.

Mais Kevin Costner est un homme honnête et la volonté de l’acteur alors à sa grande époque, permet aussi de faire renaître un genre western oublié, sans grande bataille ou fusillade, où la beauté du site et la simplicité nous offrent un grand moment de nostalgie.

Ce film sera tourné juste avant «impitoyable» en 1992 optant lui aussi pour un aspect plus réaliste de la période. Après un moment de flottement du genre dans les années 80, Costner inscrit donc son western, tiré du livre écrit en 1988 par Michael Blake d’ailleurs scénariste du film, à la suite de deux films «Un homme nommé cheval» (pour cet aristocrate qui décide lui aussi de vivre avec les Sioux), ou encore «Little big man», (grande épopée d’aventures et d’adversité retraçant sur une plus longue période la vie d’un homme recueilli lui, par les Cheyennes). Ces deux films ont le mérite déjà en 1970 de valoriser la culture indienne, de remettre les choses en place quant à la légitimité de la toute puissance américaine dans sa soif de conquête.

Tourné dans les plaines du Dakota avec de véritables indiens sioux et parlant leur langue (sous-titrées dans le métrage) Costner se veut le plus authentique.

L’introduction puissante brosse le caractère à venir de Dunbar, un soldat nordiste qui après un acte de bravoure dépressif sauve son régiment et décide d’aller se perdre au fort de reconnaissance de la frontière, ayant pour seul compagnon son cheval Cisco et un loup isolé Chaussette. Cet endroit depuis peu déserté où les seules personnes sachant sa destination étant mortes (excellent Maury Chaykin), aucune autorité n’aura été avertie de son affectation et Dunbar se retrouvera seul et abandonné.

Ici tout est amené pour un bel hymne à la nature, au respect de l’autre et au don de soi. Sensible et voué à la cause, notre homme n’aura de cesse de se lier avec le peuple Sioux à proximité du fort..

Le réalisateur met en valeur tout ce qui est perdu, la culture, le choix de vie et les beaux paysages grandioses de l’Amérique servis par la musique de John Barry et donne de beaux moments d’émotion. La mise en scène parfaite oscille entre bavardages et contemplation pour un film long et lent, un apprentissage salvateur et une histoire d’amour qui finira par convaincre notre soldat de la nécessité de se perdre pour renaître à l’essentiel.

Face à l’opposition des indiens au naturel inquiet mais parfois excessif et à ses hommes blancs tout autant incultes que dirigés par des gradés obtus, il y a l’écriture, celle du journal de Dunbar. Il prendra le temps de relater sa vie difficile au fort et son contact avec la tribu indienne, pour faire part de l’importance de ses échanges. Cette transmission voulue aux autorités afin de faire reconnaître le peuple Sioux comme inoffensif et ouvert. Leur environnement salutaire à leur survie et leur confiance accordé à l’homme blanc où la scène de tuerie du loup marquera la stupidité de l’homme face à l’inconnu et vient parfaire la résolution. Le contraste voulu par Costner entre l’amitié et la tranquillité de la vie au sein de la tribu et la rencontre avec ces soldats de l’armée venant tout saccager, fait son effet.

Pourtant Costner nous parle aussi de belles victoires, sur la nature, sur l’homme, sur la différence, sur la volonté, sur l’intelligence et sur l’amour évidemment.

Mary McDonnell, Graham Green, viennent compléter le casting et une figuration remarqué de Wes study.

Le texte final nous dit que quelques trente ans plus tard, plus rien ne subsiste. En 1864 les Cheyennes ont été massacrés au petit matin sans aucune chance de pouvoir se défendre et lors de la bataille entre Custer et la coalition Sioux/Cheyennes en 1876 qui se soldât pourtant par la victoire des indiens, ces peuples étaient déjà perdus depuis longtemps. Le massacre de Wounded Knee en 1891 poursuit le drame.

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