Cendres d’Amérique

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Avatar Clode
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Un train remonte lentement les rails de l’Amérique, avec à bord, un homme à lunettes et à chapeau et à grosse mallette. William Blake. Il remonte le temps en noir et blanc, jusqu’au mythe fondateur, aux cow-boys et aux trappeurs et aux indiens, jusqu’en enfer vient lui annoncer un ange déchus aux grands yeux clairs, jusque-là où l’Amérique commence. Dans la petite ville de Machine.

Alors l’homme à lunettes et à chapeau et à la grosse mallette, William Blake, remonte une rue de la petite ville de Machine. Une petite rue cachée dans l’ombre d’une grosse usine comme un cimetière dans celle du cloché de l’église. Une petite rue où l’on construit des cercueils que l’on pose sur les murs comme des cadres vides, où les cranes de bisons poussent sur les façades des maisons, où les vaches et les porcs marchent au milieu d’une route de boue arrosée par la pisse d’un cheval pendant qu’un homme se fait sucer entre deux maisons, appuyé sur son fusil. Et ce sont toutes les petites villes de trappeurs de la légende de l’Amérique qui sont là, sous les rafales d’une guitare électrique qui tire les balles lourdes et grasse des larmes du nouveau monde

Au bout de la rue, le futur. La modernité. L’usine. Imposante comme le hangar de la mort. Où des hommes couverts de poussière travaillent pour des hommes en costumes qui pensent posséder la terre entière. L’homme à lunettes et à chapeau et à la grosse mallette, William Blake, a reçu une lettre pour du travail, ici dans le futur de Machine, comme comptable. Mais le futur de Machine à déjà trouvé son comptable et revoilà William Blake de retour dans le présent passé.

Il s’en va oublier tout ça loin au fond d’une bouteille de Whisky, pour y rejoindre toutes les illusions perdues qui y sont déjà. Il pense bien trouver quelque chose qui ressemble à de l’amour en gros plans, mais l’amour non plus n’a pas sa place dans ce pays, où les fleurs se noient dans la boue.

Il est ramené à la vie par un Indien, un gros Indien nommé Personne qui ère sur terre comme un fantôme perdu entre deux mondes, et s’en va parcourir le pays poétique et hypnotique des rêves, pourchassé par les tueurs de l’Amérique et tous leurs démons. Il rencontre tous ces personnages qui habitent le mythe de l’Amérique comme les monstres d’un train fantôme. Les trappeurs et les shérifs et les chasseurs de têtes et cet homme qui tient ce petit magasin au milieu de nul part. Alors il plante les corps dans les cendres de la légende de l’Amérique, où les couvertures vous étreignes dans les bras de la mort et les balles sont bénies des dieux, où William Blake écrit sa poésie dans le sang, pour s’en aller rejoindre le miroir de l’eau, où le ciel et l’océan se rencontre et retournait là d’où tous les esprits viennent, et où tous les esprits repartent.

Aho William Blake.

Merci pour le voyage.

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