un doux parfum de nostalgie eighties

Avis sur Des jeunes gens mödernes

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Attention, film pour spécialistes ! Voyez plutôt : Des Jeunes Gens Mödernes raconte comment une jeune revue branchée (Entrisme) part à la recherche de ses racines, le mouvement Novö. Un mouvement (allez, 30 personnes max !) qui à l’instar du post punk anglais (Joy Division) et de la no-wave US, tenta d’inventer une suite, en plus cérébral, plus intello, fin du monde et dandy, en dansant au Palace ou aux Bains-Douches. Quelques groupes émergèrent (Marquis de Sade, Taxi Girl, Elli et Jacno, Lio), et des personnalités (Marie France, égérie trans de Prince, Alain Pacadis, chroniqueur clubbing de Libé, Maurice Dantec), mais la seule percée vraiment notable est à mettre au crédit de Fred Chichin et Catherine Ringer : les Rita Mitsouko.

Un beau livre et un disque éponyme* était déjà sorti l’an dernier, et voici le film.

Point intéressant, mais aussi déroutant, Des Jeunes Gens Mödernes, le film, se refuse au documentaire pur et dur. Il préfère se centrer sur une forme d’autofiction, de téléréalité, centré sur Entrisme, leurs amis, leurs soirées, et surtout leur rencontre avec Yves Adrien, pilier de la scène Novö (et inventeur du terme, selon la légende, dans un Novotel de Vitrolles !)

Certes, Adrien est un cicérone un peu barré, alignant les commentaires situationnistes le plus souvent incompréhensible, mais finalement, cela produit une sorte de collage poétique, et donc le plus beau compliment qu’on puisse faire à ce mouvement éphémère. Des Jeunes Gens Mödernes est long, mais beau. Sans éviter pour autant le débat, les jeunes d’Entrisme ne prenant pas pour argent comptant toutes les théories fumeuses d’Yves Adrien.

Il en subsiste à la fin un doux parfum de nostalgie eighties, qui prend son apex quand notre équipe se rend à New York retrouver la sublime Edwige, ex model et portière du Palace. Là, le poids irrémédiable du temps se fait soudain sentir, et les retrouvailles avec Adrien sont très émouvantes.

Que sommes-nous devenus ? Nous étions jeunes, beaux, et à l’avant-garde. Nous lisions Frenchy but Chic dans Rock’n’Folk, et les chroniques apocalyptiques de Patrick Eudeline dans Best. Que reste-t-il de tout cela ? Pas grand’chose.

Mais il reste Des Jeunes Gens Mödernes…

outbuster
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