Mariachis, Corona et parties de flingues

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En 1992, Robert Rodriguez réalise El Mariachi en 16 mm pour un budget misérable de 7000 dollars, en langue espagnole, avec des acteurs inconnus et quasi amateurs. Le succès imprévu du film donne l'idée à la Columbia de proposer au réalisateur le tournage d'un remake en anglais, avec des stars et un budget confortable. A l'arrivée, sans renier l'invention de sa première mouture, Rodriguez réussit son pari et livre un film d'action stylisé et efficace où l'humour trouve aussi sa place ; c'est un western contemporain avec un vrai style, au ton très Mex et très BD, qui sent bon la Corona et les burritos, avec un rythme électrique, une violence parodique sur fond de rock carré, une outrance jouissive et loufoque dans les fusillades et les tombereaux de macchabées (la tuerie du bar), l'humour subtil (le récit de Buscemi dans l'intro), et l'humour scato (la blague de Tarantino dans le bar). J'adore le dégoût dont il fait preuve dans cette scène lorsqu'il avale la première gorgée de bière qui a probablement un goût de pisse. Les gueules incroyables de Cheech Marin et Danny Trejo (le tatoué le plus célèbre de la bande à Rodriguez) filmées avec des gros plans, et la scène finale de fusillade avec les valises-mitraillettes participent aussi à ce style dont fait preuve Rodriguez qui a parfaitement assimilé les leçons de ses maîtres Sergio Leone, Sam Peckinpah et John Woo, sans pour autant se laisser vampiriser par d'aussi écrasantes références. Et puis il y a la beauté renversante de Salma Hayek, et la belle gueule de Banderas qui semble s'être coulé dans son personnage avec joie, en maniant les tirs à 2 flingues comme personne. Et tout ça sous le soleil écrasant du Mexique, bref un cocktail tonique et jubilatoire.

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