Un Bon sous John Woo

Avis sur Desperado

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Critique écrite en 2013

Sin City m'a fait découvrir Robert Rodriguez, Machete me l'a fait apprécier, Une Nuit en enfer m'a conforté dans mon idée que cet homme est un réalisateur d'exception, aisément comparable à Quentin Tarantino, et Desperado, le premier de ses films dont nous allons parler aujourd'hui, m'a rendu fan de son travail.

Partant d'une idée de base plutôt banale et énormément utilisée, Rodriguez parvient à rendre son oeuvre unique et originale, tout en se démarquant des films du genre. Et c'est là qu'est toute la force de ce réalisateur doué : faire du neuf avec de l'usé. On le voit également avec Planète Terreur, ou encore avec Machete premier du nom, géniale parodie de films d'action de séries b.

Desperado contient tout simplement la meileure scène d'introduction que j'ai pu voir de toute ma vie. Elle est originale, rythmée, sous tension constante, avec des dialogues percutants, des répliques qui fusent, des cadrages bien choisis, et des acteurs qui s'impliquent réellement. Steve Buscemi est comme à son habitude un homme très ambigüe

Le scénario traite de vengeance : un homme dont on ignore tout du nom, El Mariachi, veut venger sa femme défunte et s'en va dans un état du Mexique pour tuer le commanditaire du meurtre. Vu sous cet angle, c'est du déja vu, mais lorsque l'on visionne le film, on se rend compte qu'en faite, le réalisateur, de par ses effets de caméra et son atmosphère spécifique, parvient à faire du neuf avec de l'usé. Tout est recherché, profond et réfléchit. Les plans sont efficaces, fouillés et inédits, alors que la bande-son, omniprésente et d'extrême qualité, offre une aura particulière à cette oeuvre d'excellente facture.

C'est justement la sensibilité d'El Mariachi qui fait que ce long-métrage n'est pas un banal film de revanche. En effet, à chaque fois qu'Antonio Banderas se débarassera d'un ennemi, il prendra un nouveau coup de poing en plein figure sur un point de vue psychologique. Il souhaite tuer le moins de personnes possible, et regrette de le faire lorsqu'il y est contraint. C'est un véritable bain de fraicheur d'enfin voir quelqu'un qui se venge avec peine, et qui ne se débarasse pas de ses ennemis comme il se débarasserait de fourmis.

Le casting est tout simplement monstrueux! On y compte : Antonio Banderas, Salma Hayek, Danny Trejo ( un habitué des films de Rodriguez ), Steve Buscemi, Cheech Marin ,etc, etc... Le caméo de Tarantino est vraiment bien vu en plus d'être drôle, bien que sa présence à l'écran se révèle au final plutôt courte. Mais l'effet escompté est bel et bien présent et cette courte scène nous aura ravis.

Grâce à ce Desperado, j'ai réellement découvert le jeu d'acteur d'Antonio Banderas, comme j'avais été surpris par George Clooney dans Une Nuit en enfer. Quand j'y réfléchis, je dois bien avouer que ces deux films sont plutôts similaires. Ils ont tous deux une atmosphère très mexicaine et leur scénario est banal mais nous réserve d'excellents moments de pure détente et des suprises bien venues.

Desperado est donc un long-métrage unique, peu commun, à l'atmosphère particulière et à la mise en scène très recherchée. Tout simplement. C'est du Rodriguez, quoi!

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