Une guerre (très) froide

Avis sur Destination : Zebra, station polaire

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Dès l'annonce du casting, le film avait tout pour me convaincre : Patrick Mc Goohan (l'incontournable personnage principal de la série le Prisonnier) et Ernest Borgnine (l'un des membres de la Horde Sauvage de Sam Peckinpah) parmi les rôles principaux, tous les deux embarqués dans un sous-marin nucléaire en pleine guerre froide pour sauver une station d'observation en zone polaire.
Réalisé par l'efficace John Sturges (les 7 Mercenaires, La grande évasion), c'est sans doute l'un des meilleurs films catastrophe que j'ai vus.
Il a beau avoir été réalisé en 1968, la sobriété de la réalisation de ce film lui a permis de traverser les années sans prendre de ride : la première partie est en majorité un huis-clos dans le sous-marin, mis à part quelques scènes d'extérieur sous la banquise (très réussies) ; la seconde partie est consacrée à l'intervention au sol pour sauver les membres de la station polaire, et le fait qu'elle ait été tournée en studio ne choque pas le spectateur, l'ensemble restant tout à fait crédible.
L'intrigue, tenant surtout à la recherche du traître au sein de l'équipage, nous tient en haleine tout au long des 2h20 du film, grâce notamment à la performance du duo d'acteurs précités : McGoohan campe parfaitement le rôle du Britannique méfiant, et Borgnine le rôle du Russe passé dans le camp adverse. Les deux parviennent à donner une vraie personnalité à ce film.
Ce qui m'a en fait le plus impressionné, c'est l'immersion que nous propose le réalisateur avec très peu d'artifice : il y a eu manifestement un travail consciencieux dans la retranscription de l'ambiance d'un sous-marin, tant au niveau des dialogues entre les membres de l'équipage qu'au niveau de l'architecture du submersible. Certains reprocheront le "manque d'action", j'y vois plutôt une qualité qui tend à disparaître dans les films d'action contemporains : parvenir à divertir sans une débauche d'effets spéciaux (coucou Michael Bay et Roland Emmerich).
Il faut enfin signaler une autre réussite de ce film : la bande-son magnifique signée Michel Legrand, qui contribue à donner une ambiance captivante à ce film.

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