Chronique de Donjons & Dragons (2000)

Avis sur Donjons & Dragons

Avatar Gabriel Lieurain
Critique publiée par le

réalisateur : Courtney Solomon

genres : fantastique, action, aventure

acteurs : Justin Whalin, Marlon Wayans, Jérémy Irons, Bruce Payne

Synopsis

Dans l’empire mythique d’Izmer, le sorcier maléfique Profion désire obtenir le sceptre de l’impératrice Savina pour controler des dragons et ainsi détroner cette dernière.

Un affrontement terrible se prépare et seuls Snails et Ridley deux jeunes volurs accompagnés de Marina une mage novice ont une chance de sauver le monde.

Critique

Alerte au nanar les enfants !!! Y a rien à dire de plus.

Adapté du célèbre jeu vidéo du même blase , ce film se vautre violemment. Y a quasi rien à sauver de cette daube intersidérale ayant traumatisée les fans hardcores comme les spectateurs lambdas qui espéraient voir un bon divertissement d’héroic fantasy.

Pourtant y avait des moyens mais non ça a raté en beautée. Et c’est encore plus violent quand on compare au premier volet du Seigneur des Anneaux sorti un an plus tard.

On va procéder point par point pour voir ce qui ne va pas dans ce monumental résidus de caniveau.

  • Le scénario

Il tient sur un timbre poste vu que ça se résume à des gentils (2 voleurs, une mage, une elfe et un nain) qui doivent affronter un gros vilain pas beau désireux de dominer le monde.

Mais à dire vrai c’est pas le terme le plus dérangeant et on s’en fiche un peu vu que des tas d’autres oeuvres du même genre avaient pas besoin d’un scénario à la Memento ou à la Usual Suspects pour fonctionner (ex : Conan, Willow…).

  • La mise en scène

Peut on réellement utiliser ce terme ? Parce que franchement les chorégraphies des combats à l’épée et autres armes blanches donnent l’impression que c’est filmé par un vieillard sénile tellement elles sont molles de chez molles et plus dignes d’un épisode de Powers Rangers que d’un film avec un tel budget.

Sans parler du fait que vive l’aseptisation (pas une goutte de sang) ce qui rend l’ensemble encore moins crédible.

Pour nous faire l’avocat du diable, on dira que que c’est le premier film du réalisateur qu’il comptait seulement produire à l’origine mais qu’il fut contraint de réaliser. Mais bon ça n’explique pas tout.

  • L’interprétation

Ouch ! Comment parler de ça sans paraitre vulgaire risque d’être compliqué mais on va essayer quand même.

Dans le role du héros voleur, on a Justin Whalin connu principalement pour avoir joué Andy Barclay ado dans Chucky 3 (l’acteur des deux premiers n’ayant pas rempilé car probablement trop jeune) et Jimmy Olsen dans Lois et Clarke et qu’a quasiment rien fait après ce monimental nanar.

Et honnètement on comprend pourquoi tant ce mec avec sa tronche d’abruti semble dénué de talent cabotinant à outrance en gesticulant comme un diable et multipliant les grimaces toutes plus grotesques les unes que les autres. Et ne parlons pas des moments risibles ou il doit jouer la colère et la tristesse (quand son pote se fait tuer sous ses yeux , on croit pas une seule seconde à son désespoir).

Mais y a pire que lui avec Marlon Wayans qui joue son pote voleur. Pour citer une réplique du site Nanarland, « il fait penser à Jar Jar Binks en moins intelligent mais en plus intelligible ». C’est pas faux il faut le reconnaitre tant on a affaire à un bouffon de service pas drole et quasi inutile qui lui aussi est dans le surjeu outrancier avec des répliques ridicules (quoique à contrario de Jar Jar il sait se battre un peu).

Le reste de l’équipe des gentils est nul aussi quoique un peu moins ridicule que les deux autres guignols évoqués précédemment.

On a une mage aux allures de geek à lunettes (Mais quel anachronisme grossier !!), une elfe métisse fade et pas bien crédible (ça se voit d’emblée que ses oreilles pointues c’est du carton) et un nain tout moche qui mange comme un porc et qui fait honte à ce fier peuple (pour preuve Gimli du Seigneur des Anneaux a porté plainte voyant la façon dégradante dont son peuple était représenté dans ce film pourri).

L’impératrice se contente de faire la moue et est peut être la moins mauvaise du lot malgré un manque de charisme certain (et encore c’est un bien grand mot pour un tel film) et un costard à jeter aux oubliettes (voir parte Décors).

Et en face chez les vilains,c’est pas mieux.

Bruce Payne en gros bras du méchant principal est ridicule avec son armure en carton pate, ses grosses lèvres bleues et ses tentacules qui lui sortent par les oreilles (whatefuck ?!!) . Tout ce qu’il se contente de faire, c’est tirer la tronche ou afficher un rictus de sadique mais dans les deux cas on a envi de rire (dommage que ce soit pas le but premier).

Quand on pense qu’il y a 8 ans il était un adversaire de taille pour Weasley Snipes dans Passager 57. Bonjour la déchéance !

Mais bon le meilleur du pire viens avec Jérémy Irons qui cabotine comme si sa vie en dépendait en gueulant comme un putois dans le role du sorcier maléfique. Bref un festival de grimaces qui nous fait parfois demander si on est pas dans une parodie.

  • Les décors et les costumes.

Deux mots : Carton Pate. Les armures de Bioman des vilains, le costume de Cornetto de l’impératrice ou encore la salle des Mages sont là pour en témoigner.

  • Les effets spéciaux

Comment dire ? Les tentacules qui sortent des oreilles de Damodar (le perso joué par Bruce Payne) sont une parfaite illustration de la qualité plus que douteuse de ces derniers. Et dans une moindre mesure, on pourrait aussi citer l’affrontement final Dragons d’or (les gentils) vs Dragons rouges (les méchants) avec des dragons pas crédibles pour deux sous qui font plus penser à des dinosaures qu’à des dragons.

Que pouvons nous ajouter de plus ? Ah oui niveau incohérences, on a quand même du lourd avec le héros qui prévient un méchant de sa présence alors qu’il aurait très bien put l’attaquer dans le dos, ce même héros qui charge le grand patron du premier méchant au lieu de lui mettre un coup d’épée et ainsi le mettre rapidement hors d’état de nuire, le sorcier qui se créé un baton de combat magique visiblement efficace avec lequel il botte les fesses du héros avant de jeter son arme comme si elle ne valait rien, ce même sorcier qui balance des sorts se contentant de paralyser les potes du héros au lieu de les tuer ou une fois encore ce dernier (oui encore lui) qui alors qu’il fait face à un dragon se couvre le visage au lieu de reculer ou mieux balancer un sort dans la trogne de la bestiole et se fait donc grailler comme l’idiot qu’il était (d’autant plus idiot qu’au début du film, on l’avait vu tuer un dragon).

Vous l’aurez compris un nanar monumental que rien ne sauve. Les seuls moments un peu jouissifs, c’est la baston finale entre dragons et le moment ou le pote du héros et ce dernier se font dézinguer (malheureusement le deuxième revient à la vie pour notre plus grand déplaisir).

Le réal a pas fait grand chose par la suite (un film d’horreur avec Sutherland père et Sissy Spacek en 2005 que j’ai pas vu et un thriller d’action avec Ethan Hawke et Séléna Gomez en 2013 qui pour le cas de ce dernier reste regardable même si sans génie) et s’est surtout tourné vers la production.

Bref remattez plutot Willow de Ron Howard à moins que vous ayez envi de ricaner devant cette parodie involontaire. Ou si vous voulez un film avec des dragons impressionants, tournez vous vers Coeur de dragon ou Le Règne du feu.

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