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Downton Abbey par Kahled

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Le calvaire pour aller jusqu'au bout ! C'est chiant comme un épisode grandeur nature des Feux de l'amour (et déjà le pire de la série pouvait s'en approcher). Comment peut-on faire des enjeux aussi claqués et aussi étroits en termes de points de vue avec des micro-intrigues aussi inintéressantes et peu développées ?! Tout est bazardé, bâclé, sans réel enjeu valable ou valablement traité, ni véritables rapports de force intelligemment abordés : les problèmes soulevés se règlent aussi facilement qu'ils sont énoncés, limite au sein même de la séquence où ils sont amorcés, n'étant jamais approfondis et n'ouvrant jamais sur aucune complexité, un quelconque paradoxe, la moindre contradiction ou le moindre dilemme moral.
C'est vraiment le niveau zéro de la pensée (en termes de fond) et donc de storytelling (en terme de forme narrative). Et autre problème : la série, politiquement, jouait sur une fibre nostalgique néo-conservatrice assumée mais qui était partiellement compensée par la teneur de son discours de fond consistant a confronter maîtres et domestiques, dominants et dominés avec tout ce que ça peut impliquer comme variantes dans les relations entretenues entre les deux mondes mais également au sein de ces deux mondes (quand bien même les maîtres étaient systématiquement perçus bienveillants et avec bienveillance en dépit des faiblesses qu'ils pouvaient présenter mais passons, on aimait aussi la série pour cette fausse naïveté dont on avait conscience mais qui embarassait juste assez pour ne pas la rendre complètement insupportable). Ici, la version filmique balaye ça d'un revers de la main, les domestiques entretiennent un rôle purement fonctionnel envers les maîtres, on part du principe que leur loyauté leur est acquise (sic !), sans aucune remise en question morale ou politique et les enjeux piètrement soulevés virent de plus en plus vers le discours de droite bien réac au niveau de leur conclusion. Deux exemples : à un moment, le personnage de la princesse dont j'ai oublié le nom envisage de se séparer de son époux (infect au possible) en demandant le divorce avant de se rétracter parce que la couronne et l'image à véhiculer comptent plus que tout... Et c'est bien présenté comme un happy-end ! Ça se conclue avec un dialogue avec le mari en question sur le mode : "Nous avons des défauts mais il faut apprendre à nous supporter et à changer". Mais pas par envie, non non, mais parce que c'est présenté comme un devoir tout à fait normal ! Et aucune remise en question sur la teneur morale de cette décision. Autre exemple : le personnage d'Imelda Staunton souhaite faire hériter sa dame de chambre de toute sa fortune (ce qui choque la famille) et elle avance l'argument que c'est parce qu'elle a développé une réelle amitié envers elle et que cette femme de chambre a pris soin de ses besoins quand elle n'avait personne. Plot twist : en fait, sa vraie raison c'est parce que c'est sa fille illégitime et du coup, à la suite de cette révélation, c'est OK, on accepte qu'elle hérite car elle fait bien partie de la famille au fond et ça vaut mieux qu'une vile étrangère de second rang (sic bis !). Et ce n'est pas tout ! L'héritière en question commence à entretenir une relation amoureuse avec un des membres de la famille Grantham (l'ex-chauffeur plus ou moins supporté) et du coup ça devient carrément une opportunité avec la perspective d'un mariage qui pourra faire revenir toute la fortune au sein de la famille ! La boucle est bouclée, l'honneur est sauf... Comment des scénaristes ont pu écrire un truc aussi embarassant et puant autant la bourgeoisie rance ?! Trop la honte ce film !

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