But [anyone] can, within their own small ways, turn on a small light in a dark room.

Avis sur Écrire pour exister

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Biopic inspiré de faits réels, le film aborde le cas parfois épineux du prof blanc envoyé dans les quartiers pauvres pour sauver les élèves issus de minorités en se sacrifiant corps et âme (une variante de la « white savior narrative »). Non pas que ce soit un mensonge, mais Hollywood a une tendance à surdramatiser ce genre d’histoire et à en perdre le message derrière. Ce film s’en sort mieux que d’autres, même s’il n’échappe pas aux travers. Il a toutefois le mérite de donner la parole à ses élèves, souvent livrés à eux-mêmes, et de les laisser exprimer leurs voix.

À cela, ajoutons le parallèle dressé avec Anne Frank : parfois maladroit et glissant dans la façon de l’aborder, il permettra au moins de mettre des mots sur certains concepts. S’il peut parfois paraître malvenu dans son approche, je pense que le but premier n’était pas nécessairement de faire une analogie entre les deux situations mais plus proposer un cas ludique et pédagogique pour que les élèves apprennent à s’écouter et se livrer. Malheureusement, là aussi, le film aura tendance à un peu trop dramatiser cet partie-là.

Je n’ai pas lu le fameux recueil de journaux, donc j’imagine que le film est plus l’histoire de la création de ce recueil plus qu’une adaptation fidèle. Si c’est une bonne idée pour faire connaître l’œuvre à un plus grand nombre, cela apporte néanmoins les plus mauvais aspects du film : la dramaturgie autour d’Erin Gruwell. Je comprends tout à fait qu’elle s’est battue pour ses élèves à un grand sacrifice, mais l’idée justement était que c’était la bonne chose à faire pour elle, donc que cela ne fait pas d’elle un héros (selon la définition même du film).

Or, par cette dramatisation, le film fait tout pour en faire une héroïne. Les scènes avec le rectorat qui deviennent vite redondante peuvent passer, mais l’histoire autour de son couple… À part avoir Patrick Dempsey en tête d’affiche, ça ne sert strictement à rien : le personnage est inutile à l’intrigue, n’apporte rien, ne participe en rien, il se content juste de faire acte de présence pour pouvoir amener le divorce et renforcer l’aspect dramatique. Le film aurait très largement pu s’en passer, n’aurait pas sombré dans le mélodrame, et en serait sorti grandi. Même le père, qui est pourtant présenté comme exécrable dans sa première scène, se révèle beaucoup plus intéressant et utile au film lui-même.

Le casting est dans l’ensemble plutôt correct. Hillary Swank vient pour authentifier son casting comme « actrice oscarisée », Scott Glenn apporte une certaine énergie qui lui est propre, et les différents élèves sauront tenir leurs rôles. Musique plutôt classique, accompagnée d’une bande-son qui veut jouer sur l’atmosphère, décors corrects et mise en scène sans grande inspiration mais qui réussira à jouer sur certaines bonnes idées.

Un film assez classique, un peu maladroit à mon avis dans son genre mais qui s’en sort bien mieux que d’autres. Je ne sais pas si c’était la meilleure façon de retranscrire l’idée du recueil et de transmettre son message, mais ça a le mérite d’essayer.

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