Eyes wide shut version américaine de Traumnovelle

Avis sur Eyes Wide Shut

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C'est à dire EYES WIDE SHUT ! Cela s'impose, nous semble-il, à l'heure où l'on s'amuse ( très sérieusement ) à traduire en latin et en grec la saga de Harry Potter, à Oxford. Ainsi va le monde occidental…

Arthur Schnitzler voulait nous éveiller. Il n'est pas certain que Stanley Kubrick ait poursuivi ce but. En tout cas il a voulu le succès, et il y est parvenu, en mystifiant la foule, tout en s'adressant aux Happy Few. A cet égard, Eyes Wide Shut est un titre génial, et un superbe oxymore. Il a été conservé pour la version française du film. Mais le latin dit les choses plus clairement . A savoir que le public, massivement, regarde les films les yeux fermés, et que plus un film fait d'entrées, plus le public a les yeux fermés, alors qu'il croit les avoir grand ouverts.

Arthur schintzler persistait a être un auflaerer convaincu, un homme des lumières; Stanley Kubrick s'inscrit, lui, dans la lignée brillante des grands créateurs pessimistes. Son ultime film, ovationné a la Biennale de Venise en septembre 1999. Appartient pour toujours a la série des chefs-d'oeuvre " Schopenhauerdants" , Désormais Eyes Wide Shut figure nécessairement dans l'horizon d'attente du lecteur pour la traumnovelle.

Ce récit est un des plus accomplis de la dernière période de l'écrivain. l'histoire d'Albertine et de Fridolin allie la virtuosité a la profondeur; ici rien de gratuit, mais un maximum d'art et d'humanité, au moins par sa composition. C'est un chef d'oeuvre classique, en dépit de l'inspiration typiquement bourgeoise et viennoise. La richesse du texte est éblouissante: les échos, les renvois, les correspondances, les symétries sont multipliés à plaisir par un écrivain qui n'a jamais été plus musicien qu'ici. Il ne faut donc pas s'étonner que les commentateurs séduits par la riche matière du texte s'attachent passionnément à leurs interprétations particulières et dénoncent de bonne foi les contresens évidents de leurs collègues : c'est touchant de naïveté ! mais c'est la faute à schintzler… cela commence avec le titre : traumnovelle. Nouvelle rêvée, nouvelle des rêves, rien qu'un rêve, nouvelle rêvée… en 1927 aussi, le premier traducteur hollandais avait choisi de transposer en carnaval, et son homologue américain, Otto P.Schninener (1898-1942) fort apprécié par schinzler, avait opté pour Rhaspody, a Dream Novel. Pendant des années; le titre de travail utilisé par l'écrivain fut "doppelnovelle" la nouvelle double, la nouvelle doublée, la nouvelle redoublée… la nouvelle du double. Or, c'est le 14 mai 1922, Pour la soixantième anniversaire de Arthur Schinzler, que sigmund Freud lui avait envoyer cet lettre exceptionnelle qui fit couler tant d'encres: " je pense que je vous ai évité " écrit le génial découvreur de la psychanalyse, " par une sorte de crainte de rencontrer mon double " en tout cas, ce n'est pas à cette occasion que schinzler trouva son titre défini. Mais il put se souvenir alors qu'il avait lu longtemps auparavant Die Traumdeulung ( L'interprétation des rêves ) publiée en 1900. et l'on sait aujourd'hui, grâce à tous les textes publiés ses dernières années, quelle admiration mêlée de réserves éprouvait Schnitzler envers l'oeuvre de Freud, et quel dégout lui inspiraient en général les psychanalystes, ces snobs prolixes à tendance mystique..Ainsi peut)il écrire le 29 octobre1927 avec la plus grande sincérité à lili cappellini ( sa fille âgée de dix huit ans, récemment mariée a un séduisant officier fasciste et vivant a Venise ) : " je pense que tu as lu une nouvelle édition de l'interprétation des rêves ; moi il y a plus de trente ans, la toute première, à l'époque, j'avais quelques réserves ( et je les ai encore aujourd'hui ) ( en quoi je ne songe nullement a mettre en doute la grandeur de freux )

Aujourd'hui, dans son ultime film, Kubrick joue, souverainement : il séduit le grand public et s'amuse avec The Happy Few. Tom et Nicole étaient mari et femme dans la vie comme sur l'écran. Mais c''est tout en toc. Le film de Kubrick est éblouissant roman-photo, a gros budget pour le casting. comme dans la nouvelle de schinzler, l'énonciation est particulièrement complexe. Mais l'effet obtenu n'est pas celui dont rêvait schintzler. car même si son message d'espoir a la fin de la nouvelle n'est pas entièrement convaincant, la dernière réplique dans le film brillante sans doute, est au fond désespérée et désespérante. Pour Alice et bill, le retour a la réalité n'est qu'un repli sur la trivialité et la société de consommation. FUCKYOURDREAMS !

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