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The Party à la française
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le 13 mai 2011
Des choses qu'on a pas vues depuis longtemps dans le cinéma français (voire dans le cinéma tout court).
Il semble que Mouret se soit posé comme défi de trouver un lien logique entre les situations les plus improbables qui soient (comment discuter en petite culotte dans une cuisine avec le président de la République, lui-même à la recherche d'un serpent, par exemple) sachant que cette mission remplie, c'est l'essence même de la comédie qui frappe à la porte et le burlesque qui entre par la fenêtre.
Il y a de plus cette petite morale de l'histoire qui effectivement peut faire de Mouret un cousin de Rohmer souvent, cette ironie douce qui pose nos faux raisonnements et les piètres justifications de nos actions avant d'en dévoiler les motivations réelles et qui fait de chacun le dindon de sa propre farce. Cette mise en pli et en dépli passe aussi par un jeu stylisé de l'hésitation que Mouret s'amuse à rendre artificiel car le style est aussi son souci constant et le cinéma et la comédie ses anges gardiens.
Le style a cette évidence et cette simplicité d'un homme qui sait où il va, maître de la logique infernale qu'il a mise en place, retrouvant les maîtres de la comédie, acteurs ou réalisateurs sur son passage comme de bien entendu, tout en conservant son trait unique: un exemple parmi d'autres est la scène où l'auteur gare sa petite voiture entre deux grosses, pas de dialogues inutiles ici et si les situations sont invraisemblables dans leurs enchaînements, elles n'en sont pas moins extrêmement vivantes dans leur mise en scène.
Mouret n'oublie pas non plus de nous gratifier de fantasmes "réalisés" de façon saugrenue - les 5 soeurs en robe de chambre et d'autres encore - et où son jeu fait alors merveille puisqu'entre chaque hésitation c'est la comédie qui rentre, la meilleure, celle dont nous ne sommes pas dupes et dont s'amusent les gens simples et légers et qui ne craignent ni l'auto-dérision ni la nouveauté (fût-elle cachée derrière la citation).
On notera aussi l'utilisation du flash-back dans la construction du récit. Le dernier est particulièrement bien venu comme retournement de l'intrigue et des motivations initiales et intégrant même l'autre flash-back.
La musique, spécialement au début, épouse de façon extrêmement souple le dialogue en le commentant et en mettant déjà les intentions énoncées par les personnages à la question de leur sincérité, consciente ou non.
Pour goûter le plaisir simple de cette comédie populaire, il faudra tout de même éviter les pédants, les grincheux, les ceux qui ont tout vu et expliquer aux autres que le cinéma est riche de mille et une possibilités et que Mouret est une de cette possibilité - "moderne et donc automatiquement classique" comme disait quelqu'un et "savant donc forcément simple" pourrait-on ajouter.
J'allais oublier le charme de Deborah François, la grâce multipliée par cinq fois la présence de ses sœurs et le tendre et douillet double appartement au 19 et 19 bis, fantasme d'un chez soi qui est aussi chez l'autre et néanmoins chez soi...
Créée
le 2 mars 2016
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