Zero

Avis sur Five

Avatar Nicolas Garrier
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Si je n'ai pas mis 0, c'est parce que je ne peux pas et que je ne veux pas, ou en tout cas par respect pour, Pierre Niney, parce que même si il n'est pas extraordinaire dans le film, je l'aime bien.

"YEPAAA", stop. Le plus gros problème, c'est que Five veut faire référence à quelque chose qu'il visiblement ne connait pas. Five essaye tant bien que mal de s'inscrire dans la veine de la comédie référencé et le "buddy movie" comme dirait Willie Nelson; la comédie qu'on apprécie outre-atlantique, sous la tutelle de réalisateur comme Judd Appatow ou bien Adam Mackay, purs génies de l'écriture scénaristique, du dialogue et de la mise en scène. D'un côté un comique purement dialogué, reposant sur les relations humaines et sur les doutes introspectif et métaphysique, comme on peut le voir dans Funny People où le sujet de la mort est abordé très subtilement; de l'autre Adam Mckay, roi du comique absurde et de la référence en rafale, ne lésinant jamais sur un fond intéressant que ce soit dans The Other Guys, une critique du pouvoir économique et capitaliste, sous la forme d'une comédie policière absurde, ou bien The Anchorman (1 et 2), véritable pamphlet contre le médium de l'information télévisuel montrant avec un regard cynique l'information distribué à la population et l'inculture de ceux qui la proposent. En bref, Igor Gotesman s'inspire de cette comédie, en règle générale, bien qu'il s'attarde plus sur le premier exemple. Si mon besoin est de vous éclaircir sur ces exemples ci-dessus, ce n'est pas pour vous dire "la comédie américaine c'est mieux" où "les français essayent de faire comme les américains", car la référence n'a rien de mauvais et ces comédies ont un style à part entière dans le large spectre de ce qui a pu être fait. Les exemples les plus réussis de ces dernières années dans le cinéma français sont La loi de la Jungle d'Antonin Peretjavko et 2 automnes 3 hivers de Sebastien Betbeder qui se sont appropriés ce style de comédie et excellent en celà. Si je vous parle de ça aujourd'hui c'est pour vous démontrer un problème actuel dans le cinéma comique français : Une comédie française grand public n'arrive pas à être intéressante.

Le film enchaîne des blagues vues et revues et des références lourdingues, comme la scène dans la ferme où un des personnage cite lourdement l'Agence tout risque, pour ensuite justifier sa référence et l'expliquer. La référence n'est pas seulement une capacité à citer à tour de bras tout ce qu'on connait pour se la jouer et donner de la gueule à un film, elle sert à alimenter le récit et dans un film comique à faire rire, en donnant une image, comme dans Knocked up de Judd Appatow, où l'un de leur ami se laissant pousser la barbe pour un pari, intrigue secondaire au film, se voit victime d'analogie avec Cat Stevens, Jésus ou bien Serpico, pour le déstabiliser et le faire craquer, la référence coule de source car le film s’imprègne de la Pop culture et la propre culture de ses personnages, par exemple si on fait citer à un enfant du Mozart ou du Platon dans un film, c'est pour donner une image de l'état d'esprit et du caractère d'un enfant surdoué et précoce, et à ce moment là l'élément comique découle et l'analogie est faite avec la situation globale. Sincèrement, qu'est ce qu'un mec d'une vingtaine d'année te citerai l'Agence tout risque sans aucune raison apparente ? Sincèrement.

Mais comme vous le voyez, je m'attarde sur un détail qui parait minime, mais le film en regorge et en vomit.

Si le film m'agace, c'est pour les raisons que j'ai émis plus haut, le film n'est pas divertissant, ni intéressant. Le film parle d'une bande de pote qui n'arrive pas à se payer un 100 mètre carrée dans le quinzième à Paris, parce que l'un ne peut faire plaisir qu'à ces potes que comme ça et qu'il doit dealer (en même temps pourquoi travailler ?), parce que Papa veut pas lui donner d'argent parce qu'il suit pas ces cours à l'école, pour au final dire que les amis c'est bien, parce qu'ils sont là pour toi et qu'ils sont gentil. Je ne veux pas que cette critique soit prise comme un pur cris de haine contre ce ce film ou ce réalisateur (qui a surement fait ce film dans les meilleurs intentions, voulant créer son univers et renouveler quelques codes du cinéma français) mais je préférerai qu'elle soit pris comme un conseil, la référence c'est bien, en avoir c'est mieux, mais la comprendre c'est génial, car ce n'est pas le premier film à faire cela, Amis publics écrit et joué par Kev Adams, souffrait exactement du même symptôme, mais ça c'est un autre sujet et surement un plan, avec d'autant plus d'accroc.

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