2013 L'odysée de l'espèce di counasse...

Avis sur Gravity

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Évidemment, un pauvre connard cynique comme moi ne pouvait pas ne pas trouver son mot à redire.

Évidemment, si je devais me faire une idée de la qualité du truc au buzz qu’il suscite, deux options se présenteraient à moi : le prendre pour argent comptant, ou être envahi de doutes à la hauteur de ma foi envers le bon sens de l’humanité. Évidemment, si je devais noter la qualité du spectacle je balancerais sans vergogne un 10.

Le problème c’est que j’ai pas payé pour aller au Futuroscope ou à la cité des sciences.

Je vais [ essayer de ] faire bref pour une fois, parce que je ne vois pas trop ce que je pourrais déblatérer pendant trois plombes sur un film d’une heure trente n’ayant pas grand chose à raconter que ce qui sert sa propre forme.

Alfonso prouve encore une fois sa maestria dans l’art délicat du plan séquence, artificiel ou non, et d’ailleurs la technique de l’ensemble de la réalisation est si poussée et immersive qu’on frise le travail d’artisan. Il faut au moins concéder cela. L’introduction m’a collé à la fois angoisse et nausée tant ce qu’elle illustre et appelle à concevoir bouscule les perceptions physiques et métaphysiques de notre quotidien de terrien.

Appréhender le vide, le silence ; ou quand l’hostilité infinie et dantesque est conceptualisée avec la perte de tout repère, visuel et sonore. Se retrouver sans dessus dessous avec l’impression qui n’est en fait que vérité de pouvoir tomber à jamais, dans tous les sens, de n’importe où et jusque nulle part.

La mort et l’oubli. Le vide. La mort et l’oubli.

Rarement une pelloche ne se sera montrée aussi anxiogène, de cette façon si viscérale. En nous plongeant dans l’espace avec autant de pouvoir immersif Cuaron sait balayer les doux rêves de voyages en orbite et rappeler à la réalité d’un milieu impropre à la vie, beaucoup moins glamour. Les clostro et les anxieux qui transpiraient sur leur siège en pleine séance, c’est vous qui avez raison.

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Après, comparer Gravity avec 2001 juste parce qu’on nous pond une image pseudo utérine dans l’espace c’est comme comparer la fumisterie et la fumée, c’est brumeux. Et puis le coup de l’allégorie de la naissance au retour sur terre avec « je sors de l’orifice, je lutte pour respirer, je rampe, je fais du quatre pattes puis je me lève et je marche », c’est UN PEU appuyé/lourd/prévisible/facile/faussement cérébral et ostentatoirement masturbatoire.

Par contre les plans sur Bullock en boxer, ça c’est pas de la connerie.

(Bullock, connerie …)

************************************FIN DE SPOIL**************************************

Personnellement je ne me vois pas crier au génie devant ce qui s’apparente plus à un spectacle multipliant les tours de force visuels qu’à un film de genre explorant une thématique avec une réelle exigence d’écriture. En enchainant les péripéties et les fatalités avec un tempo dont la régularité est tellement troublante qu’elles en sont réduites à une succession de démonstrations techniques à sensation, le film se mue en attraction de fête foraine dont le fond ne sert qu’à vaguement esthétiser la forme.

Le tout donne un sentiment de vacuité de traitement, et j’ai été particulièrement déçu par le manque d’audace narratif. Dommage que le thème du deuil soit si maladroitement exploité, dommage que Clooney —très savoureux— n’aie pas eu plus de possibilité de creuser le sentiment et la recherche de sens devant l’achèvement d’une vie et d'une carrière ; surtout dans de telles circonstances. (Je salue tout de même l’écartement de l’écueil de la romance entre les deux protagonistes principaux.)

L’écriture aurait du plus s’attarder sur l’introspection inhérente au milieu dépeint plutôt que sur un enchainement de péripéties faussement saupoudré de renaissance existentielle à la truelle. Un peu de gravité qui aurait été moins légère, quoi.

C’est beau, c’est bien. C’est tout.

EN PLUS, JEUNE, JE TE DÉFIE DE LUI TROUVER DE L'INTÉRÊT DANS TON SALON EN 2D.

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